2018 année de la.... ?



La période des vœux, quel bonheur….sur le papier ! Vous imaginez bien que je ne vais pas m’adresser ici, cher(e)s lecteurs (-trices) à vous comme je m’adresse à ma famille ou à mes ami(e)s proches.

Finis les seuls « Bonne année, bonne santé tous mes vœux de bonheur pour 2018 ! Prospérité,…. ». Là j’écris, c’est du sérieux. Dans cet éditorial, je souhaite aborder des sujets d’actualités.

Je vous avais quitté en 2017, par un billet suite aux décès de notre Jojo national, et au suicide punko-médiatique d’un autre Johnny (Rotten : ex Sex Pistols). Je commets ce nouvel article à la suite du décès d’une chanteuse, moins médiatique certes, mais si attachante : madame France Gall. En parlant de décès, le paysage politique français ne se porte pas vraiment mieux depuis un an. Si les Fillon, Sarkozy, Hollande, et autres ont disparu de nos écrans radars et cathodiques, l’assistance respiratoire que représentent les sempiternels Laurent Wauquiez, sa doudoune rouge et son discours noir, Jean-Luc Mélenchon, son imper noir et son discours rouge, l’inégalable Marine Le Pen qui se rappelle à notre bon souvenir de son débat d’entre deux tours manqué, en se trompant de fiches à l’assemblée nationale lors d’un débat, le 11 décembre dernier, ne laisse rien envisager de bon. Côté parti socialiste, c’est encore mieux : le désert des tartares ! Encéphalogramme plat. Au soir du premier tour des présidentielles le KO fut rude ; sacrée commotion politico-cérébrale ! Pour preuve la confusion des soutiens lors des législatives : Benoît Hamon tout juste candidat socialiste sortant, venant soutenir des candidats verts contre des socialistes. Bref en rugby au moins, il y a désormais le « protocole commotion » : interdiction de rester sur le terrain durant un examen des réflexes. Et..... revoilà Stéphane Le Foll, candidat au poste de premier secrétaire… quand François Hollande avait dit ne pas se retirer de la vie politique, enfin une promesse de tenue.

Il reste le centre. Oui ce fameux « centre » tant rêvé par une partie des français avec Bayrou, dès 2007, réalisé hors parti par Emmanuel Macron en 18 mois. Jusque-là, le centre était à droite. Une conception accaparée par un camp, la droite, puisque pour l’autre, la gauche, s’en approcher était (est) devenir traître à la cause ! Ce centre est donc incarné par le président de la République. Jeune, sémillant, cultivé, bien fait de sa personne, ce JFK français, rêvé, entretient ce marasme politico-intellectuel, cette steppe de leader. D’abord, car il excelle, puis c’est dans son intérêt, et d’autre part, car la remise en cause du logiciel politique français en 2017 a été telle que la recomposition n’est pas aisée. Au centre aussi, revoici le radicalisme : le plus vieux parti de France(1901) s’est réunifié le 9 décembre 2017. Éclaté en deux entités depuis 1972, le radicalisme pense retrouver une nouvelle jeunesse par son positionnement Macron-compatible (économie, Europe) même si la vision de la laïcité, fer de lance du radicalisme, ne se retrouve que peu dans la parole présidentielle. La fusion, en plein mandats électifs, est un pari audacieux, à suivre... Ils auraient pu se nommer : Les Radicaux En Mouvement, LREM, mais c’était déjà pris, ce sera Mouvement Radical Social Libéral !

A propos de laïcité, je suis déçu de l’écart de langage (euphémisme) du président Macron qui a parlé du danger de «radicalisation de la laïcité», le 21 décembre dernier, recevant les représentants des cultes à l’Élysée. Ce mot « radicalisation » fait écho, par ces temps, à une phraséologie associée au : terrorisme. Monsieur Macron, pouvez-vous me rappeler, s’il vous plaît, quand un « radicalisé laïque » a perpétré un acte de terreur ? Posé une bombe ? Tué des personnes ? …. Merci !

En cette période de triste anniversaire des trois ans des attentats contre Charlie Hebdo, l’Hyper Casher et certains membres de la police nationale, je ne goûte guère à cet amalgame de langage, surtout comme je vous sais fin lettré et au vocabulaire large.

J’eus préféré, et aurais applaudi des deux mains, que vous parliez de l’instrumentalisation de la laïcité à d’autres fins que celles originelles : la liberté absolue de conscience, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. Ce que, de certains « Les Républicains » à quasi tous les « FN » n’hésitent pas à faire, usant de la loi de 1905 pour exclure et non inclure.

Bref, cette année 2018 commence sur les chapeaux de roues. Je ne veux point en rajouter sur la vague de terrorisme qui a vu des gens armés de kalachnikovs s’en prendre à d’autres équipés de crayons à papiers et autres feutres. Je suis ébahi, par ailleurs, de lire une enquête qui révèle combien nombre d’entre nous, citoyens français, sont prompts à croire des thèses complotistes, … dont celles concernant les assassinats des 7 et 8 janvier 2015 ! Il faut beaucoup de pédagogie dit-on pour contrer de telles balivernes !

Justement, c’est la pédagogie dont certains artistes usaient en France, au milieu des années 80, pour amener des gamins à s’engager. Le sujet : la famine en Éthiopie, au Mali au Soudan et le manque d’accès à l’eau. Parmi eux, Daniel Balavoine, Michel Berger, Richard Berry et France Gall. Certains les trouvaient bobos. Pour moi, ce fut les débuts de mon engagement vers les autres. En 1986, à 13 ans à peine, je me suis découvert cet altruisme, cette envie de justice, l’envie de me tourner vers les autres. Coluche aussi faisait alors partie de mes idoles, autant par son talent que par le temps gratuit qu’il avait décidé de consacrer aux autres. De ce quintet, il ne reste plus aujourd’hui que Richard Berry. France Gall s’est éteinte. Si la vie lui a permis de vivre toute ou partie de sa passion, elle fut aussi pas mal jalonnée de malheurs. Ainsi, partir si jeune, 70 ans, m’a peiné. C’est aussi un pan de ma jeunesse qui se referme. Action École était une super idée. Elle m’a éveillé. La musique de France Gall beaucoup moins…quoiqu’à la réécoute de certains de ses titres, je leur trouve, maintenant quadragénaire, beaucoup plus d’attraits.


Philippe Bapt

Engagé socialement dès mon adolescence, la politique est un sujet important pour moi. A 16 ans j'ai reçu le 1er prix départemental (31) du civisme pour la jeunesse (remis par l'ordre national du mérite section 31), je participe à la vie de mutuelle étudiante et de centre socio-culturel. Je suis élu local de 2008 à 2014 en première couronne de la ville rose, administrateur d'un théâtre / espace culturel. Parallèlement, je préside un club de rugby, dans lequel j'ai terminé ma carrière, en centre-ville de Toulouse de 2010 à 2015. Je débute en tant qu' éditorialiste politique hebdomadaire dans le Journal Toulousain en 2014 puis dans le média PoliticRégion en 2016.

Profil: chargé de communication spécialisé digital et événementiel.