Scoop : affaire Benalla !



Alors que nous pouvions enfin partir heureux et sereins en vacances, en week-end, à la campagne, en famille, après ce week-end de fêtes nationales (Coupe du monde de football incluse), voilà qu’une nouvelle séquence médiatique est venue parsemer ce début d’été d’une autre teneur. «  Le Monde » a opportunément pu sortir une vidéo du 1er mai, dans laquelle un salarié dévolu à la sécurité d’Emmanuel Macron, président de la République, sortait du cadre « d’observateur » des forces de polices pour immobiliser un garçon, et éloigner manu militari une femme, place de la Contrescarpe à Paris.

Moi je sais de sources sûres qu’il était un des motards malheureux du 14 juillet et dans sa précipitation n’a pas vérifié la couleur du fumigène lorsqu’il a sauté, sans autorisation, dans le jet de la patrouille de France.

Outre être un agent marocain, limite islamiste (comme certains le laissent sous-entendre), outre être un briseur de grève de médecins en Algérie (via des sites web), je pense pouvoir affirmer compte-tenu de ma connaissance du personnage égale à celle du ministre de l’intérieur, que le jeune, 26 ans, Alexandre Benalla a abattu M. Kadhafi et aurait fondé Bygmalion. Des questions se posent sur sa présence dans les vestiaires de la Coupe du monde de football 2010 : de sources concordantes, Alexandre Benalla aurait imité Nicolas Anelka éructant «  Sale fils de p… ! » à Raymond Domenech, valant à l’attaquant français de l’époque une éviction de la sélection. Il serait l’inventeur caché du bitcoin…. Dernière news…oui….j’écoute : on aurait reconnu Alexandre Benella lors de l’enfarinage de François Hollande durant la campagne…on me confirme….c’est bien lui qui jette la poudre blanche sur le futur président en 2012 !

C’est certain, ce garçon, Alexandre Benalla, est on ne peut plus suspect. L’Etat de droit est bafoué ! Il s’arroge tous les pouvoirs, même celui de porter un brassard de police, et « tabasse » de jeunes « pacifistes ». Depuis on a appris pêle-mêle qu'il était presque franc-maçon au GODF (Valeurs Actuelles), qu’il était agent marocain du nom de Lahcène Benahlia,  qu’il avait les codes nucléaires, un appartement depuis le 9 juillet de 200m2, qu’il se tape Emmanuel Macron, que c’était lui qui tenait l’enfant lorsque Mamoudou Gassama a escaladé une façade d’immeuble pour le sauver, et j’en passe…

Ce jeune homme décidé, sûr de lui, est certainement arrogant avec des forces de police ou de gendarmerie. Le président, lui en est extrêmement satisfait. Son chef de cabinet aussi, si l’on en croit son témoignage lors de l’audition de la commission parlementaire. Il prend la grosse tête ? Ce serait le seul ? Il dérape. Sa faute est trop mal appréciée ; un article du journal de référence « Le Monde » et tout s’enflamme : enquête judiciaire, commissions parlementaires publiques, cinq personnes mises en examens dont Alexandre Benalla, avec pour lui seul : quatre chefs d’inculpation. Il est : la bombe (politique) humaine.

Côté politique, les réactions ne sont pas plus mesurées. La voleuse de sept millions d’euros à la courbe de présence à l’assemblée quasi aussi plate que celle de l’encéphalogramme de certains crustacés (nosdeputes.fr) est venue faire son show sur les dysfonctionnements terribles. Les admirateurs de dictateurs anciens ou modernes  (Maduro, Lénine) sont eux venus parler de nouveaux « Watergate ». Les LR, pour ne pas être en reste, remuent ciel et terre pour connaître jusqu’aux origines territoriales de naissance d’Alexandre Benalla. Le barnum d’été est en place.

Pourtant oui, ce sont eux qui siégeaient il y a encore peu avec Balkany sans faire autant de foin.

Oui ce sont eux qui se fourvoient avec des thèses racistes ou indigénistes.

Oui ce sont eux qui volent l’équivalent de 7000 SMIC et qui ne répondent même pas à la convocation de juges.

Oui ce sont ceux qui adulent dictateurs passés ou contemporains.

Oui c’est celui qui fraye avec l’extrême-droite  sous couvert de droiture …qui fait embaucher sa femme par son directeur de campagne présidentielle. Et qui quitte avant la fin, avec fracas (pour le buzz et être plus tôt en vacances ?) les travaux de la commission parlementaire, demandée à grands cris.

Quant aux socialistes hébétés, leur mentor François Mittérrand en son temps a su faire beaucoup mieux, sans qu’aucun ne le renie, ils sortent enfin de leur torpeur pour se laisser aller au populisme le plus bas, je cite Olivier Faure: Emmanuel Macron "a organisé ou laissé organiser sous son toit une police parallèle" : OAS, SAC et maintenant la Benalla connexion ? Et Macron, du « Trump » ? Vacuité de pensée politique !

Quelles que soient les fautes, la sienne d’immixtion dans des actes de police, celle de sa chaîne de commandement qui ne l’a pas assez puni, aussi grave que cela soit, doit-on faire plus de « Unes » que pour l’évasion du gangster Rédoine Faïd ?

Je ne veux même pas parler ici de l’obstruction opportune des travaux de l’Assemblée nationale que ce fait-divers a occasionné….la refonte du nombre de parlementaires et donc de la carte électorale en vue d’une révision de la Constitution.

En attendant, aussi larges soient les épaules de ce jeune homme, Alexandre Benalla, il est bombardé ennemi public numéro un durant une partie de l’été. Une bombe humaine larguée sur les pieds du président Macron. Si le « nouveau monde » connaît ici son second accroc, après celui de Bayrou en 2017, l’exemplarité prônée verra d’autres accrocs, je le prédis, car et ce n’est pas de moi : Errare humanum est.

Par symétrie sémantique, l’« ancien monde », lui, n’hésite toujours pas à sacrifier une ou plusieurs personnes dont les fautes seront jugées plus tard. Comme avant, et pour satisfaire quelques egos de populistes voleurs tricheurs, tous pris la main plus ou moins dans le pot de confiture, une vie ne vaut rien en rapport à leur intérêt propre. Attention, pas l’intérêt des citoyens, seul compte celui de leur écurie électorale !

Mais une bombe

- soit ça explose : il peut déballer des secrets dont il n’a pas le droit de parler, eu égard à son poste, à l’Elysée

-soit ça implose : le suicide est malheureusement possible. Et que se passerait-il alors ? Fosse commune, ou des excuses de circonstances ?

Alexandre Benalla, je ne le connais pas. Je veux juste que justice passe et lui permettre de reprendre le cours de sa vie personnelle et professionnelle.

Il fait la Une du « Monde », le 20heures de TF1 et la couv’ du JDD ? Après ce qu’il a pris dans la tête, laissez-le donc faire. C’est certain : Bruno Roger-Petit et Christophe Castaner à eux seuls, et deux sorties hasardeuses voire mensongères, ont flingué toute défense dans cette affaire. En football, on dirait qu’ils se sont troués ! Des fusibles ? En voilà.

Mesdames et messieurs les élu(e)s nationaux, préoccupez-vous donc de nous vos concitoyens, plutôt que de brasser du vent et casser cinq personnes. Vous avez gagné ! En plein été, vous avez mis à mal le président Macron ; en plein été, vous avez fait reculer un texte important ; en plein été, on parle enfin de vous.

L’indigence de vos maigres propositions n’a même pas d’égale l’arrogance du nouveau monde.

Deux motions de censures pour ?? De grâce pensez à nous, vous savez le peuple dont vous dites constamment vous préoccuper. Car la bombe politique absolue c’est nous. Ce jeu de rôle et de défiance vis-à-vis du président en exercice, du gouvernement en activité, en lieu et place de véritable travail parlementaire,  devient terriblement fatiguant,….même si cette séquence contente vos électeurs, par défaut !


Philippe Bapt

Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets.

Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines.

Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français.