Alain Juppé accusé d'avoir caché un déficit de 44 millions d'euros à Bordeaux

Alain Juppé a-t-il caché l'endettement réel de la ville ?

Les conseillers municipaux socialistes et écologistes de Bordeaux accusent Alain Juppé d'avoir masqué un déficit de 44 millions d'euros.

On lui reproche la signature d’un PPP

Alain Juppé a-t-il caché un déficit de 44 millions d'euros à Bordeaux ? C’est en tout cas ce qu’avancent les conseillers municipaux socialistes et écologistes qui ont fait savoir qu'ils comptaient saisir le tribunal administratif pour « situation financière explosive » et « déficit masqué ». Pour un candidat à la présidence de la République, la réputation d’être un mauvais gestionnaire fait tâche.

Ce que l’on reproche concrètement au maire de Bordeaux c’est d’avoir signé un Partenariat Public Privé (PPP) avec Vinci et Fayat pour la construction d’un nouveau stade. Ces contrats permettent de faire financer entièrement par le privé, la création puis la gestion de bâtiments ou d'infrastructures, en contrepartie d'un loyer. Problème : ces loyers ne sont pas considérés comme une dette et ne creusent pas publiquement les comptes publics.

Lors de la discussion sur ce PPP en conseil municipal, l’opposition avait demandé à Alain Juppé d’intégrer ces frais dans le calcul de la dette. Ce qui n’a pas été fait. Le ratio de la dette par habitant est donc passé de 892 € à 1 501 € ni vu, ni connu.

Une situation financière intenable

« Vous rendez à la fin d'un exercice un compte où les ratios d'endettement explosent, où vous avez une épargne nette négative, où vous avez dû recourir à l'inscription de recettes fictives pour dissimuler un déficit, on ne peut pas considérer quand même qu'on est face à un bon gestionnaire », a lancé Matthieu Rouveyre, chef de file de l'opposition socialiste à la mairie, lors d’une conférence de presse. « Le maire de Bordeaux a mis la ville dans une situation financière intenable ».

Aujourd’hui, la ville de Bordeaux présente officiellement un excédent de 5 millions d’euros. Un bon résultat qui ne cependant prend pas en compte les 44 millions d'euros et trompe les contribuables. « Il n’est pas question d’emprunts fictifs mais de dépenses reportées sur l’année suivante », s’était défendu Alain Juppé en juillet dernier. Son équipe de campagne pointe déjà du doigt une manœuvre politique destinée à l’affaiblir.


Marine Tertrais

Marine Tertrais est journaliste à Economie Matin depuis 2015, après être passée successivement par Jol Press, et Atlantico.