LREM : l'ancrage électoral toujours pas prioritaire

50,02 %
Lors des élections départementales de 2015, le taux d'abstention a
atteint 50,02%.

3eme et 4eme rendez-vous électoraux intermédiaires et autant de défaites en vue. Malédiction du parti présidentiel, manque de structuration ou parti pris du délaissement du local?

Si la gauche est dans une impasse tant idéologique que militante, avec des errements radicaux typiques d'une fin de règne intellectuel, si la droite navigue entre extrême et républicaine, la trajectoire du mouvement LREM depuis 4 ans sonne comme une revanche de feu l'UDF mâtiné d'un soupçon de social.
Évidemment la naissance de EM future LREM coïncide avec l'envol politique d'Emmanuel Macron. En 2016, il s'agissait de présenter une offre politique nationale différente, compte tenu de la déliquescence du poids de plus en plus relatif des partis classiques.
Toutefois si on peut voir dans LREM une réminiscence, une revanche de l'UDF mise à mal en 2002 par l'avènement de l'UMP au congrès de Toulouse, la volonté d'implantation locale de cette nouvelle composante politique reste toute relative.
En effet, les stratégies de fidélisation des militants autant que d'accompagnement des candidats aux élections intermédiaires, locales, depuis la victoire d'Emmanuel Macron sont soit au mieux novatrices soit plus pragmatiquement aléatoires.
Dernier acte avant les présidentielles , la double élection départementales et régionales, ne va pas changer fondamentalement pour les candidats.
A la différence de l'UDF, le mouvement LREM ne s'est créé qu'autour de l'ambition nationale de son créateur dont les initiales EM donnait le premier nom au mouvement.

D'ailleurs, il n'est pas neutre de penser que LREM dès sa naissance est un mouvement politique à obsolescence programmée: durée de deux mandats présidentiel.

LREM en déclinaison locale

Revenons aux élections locales. Mis à part la difficulté de convaincre des militants à se présenter, le manque de structure en local est patent. Le parti le plus doté de France ne finance pas ses candidats....pas plus de différence entre candidats du parti présidentiel et ceux d'un parti de type ...PRG.
Pas de moyens, peu ou pas de structure, il faut donc rendre hommage à ces hommes et femmes de se présenter, engager leurs propres moyens, pour un résultat plus qu'incertain.
Alors que prévoir pour juin? Côté régionales, on en a eu les bonnes feuilles dans tous les médias ces dernières semaines: du Nord au Sud, les alliances/ententes sont à géométrie variable. Des Hauts de France à PACA , des cadrages débordements se sont faits jour, tant une liste autonome LREM ne fait pas toujours sens.

Télégram ne fait pas la campagne

Alors Quid de l'échelon très local? Après l'échec de 2020 des élections municipales pour le mouvement présidentiel, le département. 

Sur le papier, des candidats....Dans la réalité, une démarche coordonnée difficilement. Des outils numériques mais peu de structure. On peut noter certes que LREM n'a que 4 ans, mais les joutes locales sont elles vraiment une des priorités politiques du mouvement?
Il n'en reste pas moins que si l'implantation locale est aléatoire c'est certainement dû à la sociologie des candidats: nouveaux aussi bien au sein de la joute politique qu'en termes de culture politique.
Le militantisme d'aujourd'hui n'est plus qu'un pale copie de celui connu durant le XXème siècle. Pour preuve? L'engagement de base du militant, tractage et collage d'affiches, est aussi méconnu de beaucoup de candidats que les réelles compétences des institutions auxquelles ces mêmes candidats se présentent.
Qu'il s'agisse de campagne papier ou numérique, faire campagne ne s'improvise pas! Même dans les conditions actuelles impactées par la #covid19.
Les outils sont et resteront des outils rien ne vaut le contact humain.

Ce manque volontaire ou pas d'accompagnement des candidats novices si palpable est dommage! On ne peut s'enorgueillir de venues de la société civile et se contenter d'être aussi peu présent.... Même si cela confirme l'attrait pour le fait politique.

Cette autonomie forcée tant idéologique que logistique n'a pas refroidi nombre de prétendants qui font de leur mieux pour s'organiser.

En conclusion, Emmanuel Macron avait donné le ton politique dès le début du mandat, très jacobin en voulant se passer des corps intermédiaires et se mettant à dos les maires. Pour autant, la crise sanitaire et les déculottées électorales ont prouvé que tout ne pouvait se piloter de Paris. 

Même en imaginant que la stratégie de fond de LREM est de laisser les exécutifs locaux aux mains de l'opposition. Car au final, cette implantation locale tellement délaissée depuis 2017, est un marqueur du manque à venir de relais locaux et pourrait être décisif en 2022....Même en cas de revanche face à Marine Le Pen, au second tour des élections présidentielles!


Philippe Bapt

Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets.

Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines.

Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français.