Benoît Hamon face au désaveu des « réformateurs » du PS

Les députés de l'aile droit du PS jugent les propositions négociées
par Benoît Hamon et Yannick Jadot irréalistes

L’accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot a fait réagir les députés réformateurs du PS. Dans un projet de lettre adressé à Jean-Christophe Cambadélis, ces derniers ont pointé l’urgence d’organiser un conseil national en vue d’empêcher l’échec du parti à l’élection présidentielle.

Une alliance avec Yannick Jadot qui passe mal

Le ralliement de Yannick Jadot à Benoît Hamon, après un accord signé le 23 février 2017, a provoqué la colère des députés « réformateurs ». Ces derniers reprochent au candidat socialiste d’avoir cherché le soutien d’EELV (Europe Ecologie Les Verts) au détriment des formations écologistes issues de la primaire de la Belle Alliance populaire. Les propositions négociées entre les deux hommes en vue de l’alliance, telles que l’abrogation de la loi travail, la sortie du nucléaire d’ici 25 ans et la VIème République, sont jugées irréalistes et inapplicables par l’aile droite du PS.

Au total, c’est le risque de « corbynisation » (en référence à Jeremy Corbyn, leader du Labour au Royaume-Uni) qui est pointé. Le programme et la campagne de Benoît Hamon, jugés trop à gauche, condamneraient, selon les tenants d’une ligne progressiste, le parti à la défaite. « Aujourd'hui Benoît Hamon, je le constate dans le programme qui était le sien mais surtout dans celui qu'il a passé avec les Verts, est en rupture avec sa famille politique. C'est un programme de gauche radicalisée », a ainsi déclaré le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen, interrogé par RTL ce mardi 28 février 2017.

L’aile droite du PS demande l’organisation d’un conseil national  

Ce mardi 28 février 2017, les députés « réformateurs » ont interpellé dans un projet de lettre le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, lui reprochant notamment son silence et lui demandant d’organiser un conseil national, dont la convocation « devient urgente pour que notre parti ne soit pas seulement le simple spectateur d'une campagne présidentielle qui ne ferait écho ni à ses valeurs, ni à ses stratégies et dont le seul aboutissement serait de devoir constater l'échec de son candidat au soir du premier tour ».

Ce projet de lettre doit être discuté ce mardi 28 février 2017 au soir à l’Assemblée nationale, lors de la réunion hebdomadaire des députés « réformateurs ». Une réunion qui a pour objectif d’obtenir des garanties du candidat socialiste sur les réformes qu’ils jugent nécessaires et d’éviter des ralliements massifs à Emmanuel Macron. Alors que des dizaines de parlementaires ont refusé leurs parrainages au candidat socialiste, la rupture entre l’aile droite du PS et Benoît Hamon semble déjà consommée, et les ralliements au candidat d’En Marche! difficiles à enrayer.