Pourquoi les communistes ne soutiendront pas Jean-Luc Mélenchon

Pierre Laurent soutenait la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Alors que Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), avait envisagé un soutien en faveur de Jean-Luc Mélenchon, les communistes ont voté contre un soutien au candidat de la « France insoumise ». Explications.

Les communistes peinent à se positionner

Les communistes ne soutiendront pas Jean-Luc Mélenchon. Samedi 5 novembre, lors d’une conférence nationale, les cadres du PCF ont en effet ont voté pour une candidature interne pour la présidentielle. Une véritable surprise alors même que Pierre Laurent avait appelé, vendredi 4 novembre, ses troupes à soutenir la candidature du chef de file de la « France insoumise », en vue de 2017.

Le PCF s'est donc majoritairement prononcé pour la candidature d'un membre du parti, à 53,69 %, contre 44,31 %. Mais ce vote n’était que consultatif, la décision appartient aux 50 000 adhérents, qui voteront les 23, 24 et 25 novembre. Si les cadres du parti n’ont pas souhaité soutenir Mélenchon c’est notamment pour des raisons politiques. Les communistes veulent garder leur indépendance et pouvoir présenter des candidats librement à l’occasion des législatives.

Construire l’union des gauches

Mais ce n’est pas tout. « Ils ont le sentiment parfois que Jean-Luc, au lieu de nous aider » à construire l’union de la gauche « la ralentit plutôt, voilà ce qui provoque le débat chez les communistes, et chez certains d'entre eux l'idée que peut-être la voix du parti communiste pour faire prévaloir ce rassemblement n'est pas assez entendue et qu'une candidature du parti communiste permettrait de le faire avec plus de force », a expliqué Pierre Laurent, sur France Inter.

Mais comment les communistes peuvent-ils espérer gagner sans alliance ? Ce que certains espèrent sans le dire c’est qu’Arnaud Montebourg remporte la primaire de la gauche. Dans ce cas-là, un soutien sera envisageable et crédible. Une stratégie confirmée à demi-mots par Pierre Laurent : « Si un candidat socialiste sortait vainqueur de la primaire en affirmant sa volonté de rompre avec les politiques d'austérité qui ont été menées depuis cinq ans, je pense qu'au minimum ça mériterait une discussion avec lui sur la suite des événements ».

L’union des gauches verra-t-elle le jour ? Rien ne semble encore acquis de ce côté-là.


Marine Tertrais

Marine Tertrais est journaliste à Economie Matin depuis 2015, après être passée successivement par Jol Press, et Atlantico.