Une tribune contre Amazon rassemble une centaine de signataires

296 %
Au troisième trimestre de 2020, Amazon a enregistré une hausse de 296%
de son bénéfice net en comparaison à 2019.

« Stopper Amazon avant qu'il ne soit trop tard », une nouvelle tribune contre Amazon rassemble une centaine de signataires. Parmi eux, des élus mais aussi des ONG, des petits commerçants et des syndicats.

« Stopper Amazon »

La tribune qui rassemble 120 signataires et qui a été publiée sur France Info, lundi 16 novembre 2020, dresse le constat d'une « crise sans précédent qui a une nouvelle fois révélé les profondes inégalités de notre société » et appelle à « stopper Amazon avant qu'il ne soit trop tard ». Stopper Amazon qui est aux yeux des signataires « le grand gagnant de la crise », le géant du e-commerce ayant vu ses ventes exploser durant l'année 2020, allant jusqu'à voir son bénéfice net tripler au troisième trimestre.

Une réussite qui selon les auteurs de la tribune « se fait au prix de 20.000 salariés contaminés par le Covid, d'une explosion du nombre de produits importés, du recours à des modes de transports polluants qui se conjuguent à des dérogations au temps de conduite des chauffeurs routiers prises par décret, de la destruction de milliers d'emplois dans les commerces de proximité, d'une évasion fiscale massive, ou de l'artificialisation des terres pour construire 19 nouveaux entrepôts en France ».

Parmi les signataires de la tribune, de nombreux élus de gauches, des députés de la France Insoumise, du Parti socialiste ou encore d'Europe Écologie les Verts, mais également des ONG comme Greenpeace ou Attac qui dénoncent la pollution engendrée par l'exposition de l'activité d'Amazon. La tribune rassemble également les principales victimes de la crise, des petits commerçants forcés de fermer pour des raisons administratives et sanitaires comme des libraires par exemple.

Emmanuel Macron également visé par la tribune

Le géant du e-commerce Amazon n'est pas le seul visé dans cette tribune. Également mis en cause par les signataires, Emmanuel Macron est accusé d'avoir laissé place nette à Amazon, remettant en cause sa volonté de laisser le groupe de Jeff Bezos se développer en France. « Non seulement, il se refuse à stopper les projets en cours d'entrepôts, centres de tri et agences de livraison, mais il a décidé d'interdire à tout le monde de vendre des produits non-essentiels sauf... aux géants de la vente en ligne », dénoncent les signataires qui prédisent un avenir noir pour la France si rien n'est fait. « Si elle n'est pas stoppée, l'expansion d'Amazon pourrait conduire au doublement de sa part de marché et provoquer la destruction de 100.000 emplois partout en France ».

Pour faire face à cet avenir trouble, les signataires demandent l'instauration d'une taxe sur le chiffre d'affaires d'Amazon. Cette dernière permettrait de « financer les mesures de préservation de l'emploi et le fonds de solidarité pour les commerces de proximité ». Cette demande intervient à deux semaines de l'opération phare d'Amazon le « Black Friday » qui doit avoir lieu le 27 novembre 2020.


Quitterie Desjobert

Journaliste économique et politique