Financement libyen : Takieddine retire ses accusations contre Nicolas Sarkozy

50 MILLIONS €
Depuis 2012, Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir obtenu 50 millions
d'euros de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour le
financement de sa campagne de 2007.

La nouvelle est tombée dans la soirée sur les comptes Facebook et Twitter de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, son principal accusateur dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007, Ziad Takieddine s'est rétracté.

« La vérité éclate enfin »

L'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy qui dure depuis près de sept ans et demi, prend un nouveau tournant. Le principal accusateur de l'ancien président de la République, Ziad Takieddine, est revenu sur ses déclarations. Dans un communiqué publié mercredi 11 novembre en début de soirée, Nicolas Sarkozy a déclaré : « La vérité éclate enfinLe principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m'a remis d'argent, jamais il n'y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007 ».

Ainsi, Ziad Takieddine a dédouané Nicolas Sarkozy, rejetant la faute sur le juge Tournaire anciennement en charge de l'affaire : « Je le dis haut et fort, ce juge Tournaire a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires aux propos que j'ai dits […] : il n'y a pas eu de financement de campagne présidentielle de Sarkozy ».

Depuis l'enquête de Médiapart publiée durant l'entre-deux-tours de la campagne présidentielle de 2012, opposant Nicolas Sarkozy à François Hollande, l'ancien président de la République est accusé d'avoir recouru à un financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007. Une somme de 50 millions d'euros en provenance de l'ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, était alors évoquée.

Une « information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine »

Pour Nicolas Sarkozy, les accusations et la mise en examen dont il est sujet n'ont plus lieu d'être. « Depuis sept ans et demi, l'instruction n'a pas découvert la moindre preuve d'un quelconque financement illicite. L'information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd'hui dans une impasse complète. Le principal accusateur reconnaît ses mensonges ».

Ajoutant « Je demande à mon avocat Thierry HERZOG de déposer une requête en démise en examen et d'engager une procédure pour dénonciation calomnieuse contre Ziad Takieddine dont les précédentes allégations m'ont causé un préjudice considérable ».

Cependant, Me Vincent Brengarth, avocat de l'association anticorruption Sherpa, partie civile dans ce dossier, considère que les accusations de Ziad Takieddine ne sont pas les seules à fonder le dossier : « ce revirement ne trompe personne et n'anéantit en rien les éléments figurant au dossier ».

Nicolas Sarkozy, qui clame son innocence depuis 2012, le fait une nouvelle fois dans son communiqué : « J'ai toujours dit que la vérité finirait par triompher. Elle est en chemin. Que chacun soit bien certain que je n'ai pas l'intention de m'arrêter avant que tous les auteurs de cette manipulation sans précédent soient démasqués. Je n'ai jamais trahi la confiance des Français. Je veux qu'ils soient juges des infamies qui m'ont été infligées depuis plus de huit ans ».


Quitterie Desjobert

Journaliste économique et politique