Où va le monde ?

50 %
50% d'espérance de participation au premier tour des législatives du
12 juin 2022.

Tout a l’air peu stable, pétri d’incertitudes et pourtant le monde tourne. Comment voir notre modeste actualité du moment avec juste un peu de recul ?

Près de chez nous…..si près….

Depuis le 24 février 2022 la Russie de Vladimir Poutine tente d’envahir l’Ukraine et plus encore de l’humilier. 105 jours de guerre qui n’ont pas été probant lorsque l’on considère a priori les forces en présence : la « deuxième plus grosse armée du monde » face à de preux ukrainiens, au final peu équipés. Les volontés du président russe sont d’avoir un accès à la mer noire pour l’économie, et du prestige qu’une guerre gagnée confère à son chef….rester dans l’histoire !

On aura beau essayer d’expliquer que les accords de 2014, suite à la première invasion de la Crimée n’auraient pas été respectés à la lettre, concernant la neutralité de l’Ukraine, remettre un foyer de guerre en Europe après 70 ans de paix, il fallait oser…il l’a fait ! Avec tout le toutim : propagande médiatique, fake-news sur le nombre de morts dans l’armée russe, explications sur la dénazification de l’Ukraine, et j’en passe.

Le gros clou dans la botte en cuir du locataire du Kremlin, c’est son jeune et quasi inexpérimenté homologue ukrainien : Volodymyr Zelensky. Cet acteur et humoriste reconverti fraîchement dans la politique est le véritable héros médiatique de cette guerre ! Président de l’Ukraine, il a fait perdre la bataille médiatique internationale à Vladimir Poutine. Et pis encore, il obtient le soutien de quasi tout le monde entier et pas seulement populaire.

Ceci dit le conflit s’embourbe et certains observateurs ne manquent pas de comparer ce conflit à un « nouveau Vietnam » mais cette fois pour la Russie.

Et justement chez nous….

Alors se regarder le nombril par ces temps troubles, c’est pourtant trivialement ce qu’il y a de mieux à faire pour les deux semaines à venir. Notre pays va se doter d’un nouveau parlement et après la victoire d’Emmanuel Macron au soir du 24 avril 2022, nul ne peut prédire quelle en sera la composition.

Du grand classique, connu en 2017 : la vague post présidentielle, à une nouvelle forme de cohabitation, bien difficile de pronostiquer tel ou tel résultat. En effet, l’effet « jeune premier » de 2017 s’est estompé d’une part, et d’autre part l’accord historique quoiqu’assez iconoclaste dit de la « NUPES » signé entre certains partis de gauche qui tient la rampe médiatique depuis quasi un mois, semble porter une certaine idée d’opposition. Malgré les dérapages réguliers de l’autocrate dans son parti et au travers de son alliance, malgré des dérapages avec des soutiens encombrants (de certains prêches religieux, à la présence de Jeremy Corbyn), malgré un axe EELV-LFI-PS aussi peu crédible qu’une émulsion huile-eau, malgré une tête d’affiche Jean-Luc Mélenchon mu par le syndrome IZNOGOUD « Je veux être calife à la place du calife » (Goscinny), cette nouvelle opposition semble mettre sous l’éteignoir les représentants RN de la finaliste de l’élection présidentielle !

Cependant, la campagne électorale est tout aussi éclair que voilà 2 mois. Pas ou peu de meeting, pas ou peu de porte-à porte systématique. Evidemment le nombre de militants s’est tari…. Et les citoyens sont assez circonspects. Au final, bien curieux de rencontrer celui ou celle qui saurait pronostiquer cette fois l’abstention à ce premier tour du 12 juin : plus ou moins 50% ?

A quelques jours de la fin de la campagne du 1er tour, deux, on peut poser le constat : les moyens des partis traditionnels ne sont plus aussi importants alors que les règles du financement public de la vie politique, elles, n’ont pas changé. Ainsi les petites mais parfois historiques formations, comme le PRG (radicaux de gauche), ont tout intérêt à présenter des candidats pour faire vivre leurs idées tout autant que continuer à faire vivre cette gauche laïque, humaniste et universaliste tant mise à mal sur ses valeurs par l’hydre issue des « accords » pour ces élections appelé la NUPES.

Mettre des valeurs, ses différences en avant au risque de se voir broyer par la machinerie électorale, à défaut d’être gagnant cela ne manque pas de panache, et c’est assez rare pour être remarqué !

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! » faisait dire Corneille au Comte dans le Cid, et bien dans quelques jours on pourra l’adapter en «  à combattre avec panache, on existe sans peine ! » C’est cela aussi la politique, la vraie !


Philippe Bapt

Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets.

Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines.

Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français.