Parachutages politiques : la saint Michel n'est pas au mois de juin !



Vous l’avez remarqué, dès qu’arrivent des élections qu’elles soient régionales, européennes, législatives départementales ou municipales, nous voyons arriver les bataillons de parachutistes politiques.

Dans quelques semaines nous aurons dans notre pays des élections législatives fortes en inconnus et rebondissements probables, seule choses inchangée les parachutistes appelés par certains les nomades politiques.

Cette fâcheuse habitude qui n’a rien de républicain est une des originalités de notre beau pays (ce n’est pas la seule malheureusement) Outre qu’elle prend les électeurs pour ce qu’ils ne sont pas (ou qu’ils ne devraient pas être) elle est un mal destructeur de l’image que notre peuple peut avoir de cette classe politique prête a tout et n’importe quoi pour avoir le fauteuil électif. Se faire parachuter c’est arriver en terrain conquit face a des électeurs négligés ou ignorés. La pire insulte que l’on peut faire à un territoire et ses habitants étant de dire « c’est une circonscription imperdable » Comme si les électeurs de cette circonscription étaient captifs et décérébrés.

Ce fut le cas presque à chaque élection, l’influence des « gros » partis,  principaux responsables  de ces parachutages. Ce sont eux qui donnent les investitures, ce sont eux aussi qui ont manipulé les électeurs pour leur demander de voter « pour le parti » et pas pour  un homme ou une femme. D’où le terme infect « d’imperdable ». On à pu voir aussi par ci et par là quelques individus isolés se parachuter eux même, ils n’ont pas survécus bien longtemps sauf effectivement Monsieur Mélenchon sénateur et élu de l’Essonne mais aussi élu européen pour le sud ouest et parachuté à Marseille en 2017, une belle promenade politique.

Certains parachutés n’ont pas eu le bonheur de voir leur vol couronné de succès, par exemple Dominique Reynié. Ce Monsieur professeur de droit a Paris, permanent à la télévision dans certaines émissions politiques, s’est vu investi par LR en Occitanie pour conduire la liste au régionales. Ses origines aveyronnaises anciennes n’ont pas été suffisantes pour la justice. Avant les élections la presse avait fait état de son « éligibilité » du fait de son absence de résidence en Aveyron, un fois élu (très mal d’ailleurs la droite LR ayant eu un réel revers dans cette région) c’est la justice qui a invalidé son élection. Résultat le pari LR est passé pour ce qu’ils sont, ils ont perdu leur chef de file qui est retourné à Paris et qui donne toujours des leçons de politique à la télévision.

La nouvelle loi sur le non cumul des mandats a vu sa cohorte de défenseur du cumul, avec pour argument principal qu’un élu national (député ou sénateur) devait avoir un pied dans son territoire. Avoir une excellente connaissance de sa circonscription et de ses électeurs, ces arguments, qui pouvaient paraître sincères, tombent  immédiatement avec le parachutage. Arriver pour l’élection dans une terre inconnue, sans aucune attache (et même sans une adresse alors que c’est interdit) est la négation même d’élu local représentant du peuple au parlement. C’est véritablement une manœuvre électoraliste pour garder ou conquérir un poste, rien d’autre.

En juin les élections législatives vont se dérouler dans un climat tout autre, tout d’abord avec les candidats investis  par le mouvement (pas encore un parti)  En Marche. Souvent des nouveaux sur l’échiquier politique, des personnes issues de la société civile, cela va être tentant pour beaucoup d’électeurs. Du côté des partis anciens plus personne n’y retrouvera ses marques, les candidats LR sont ils pour ou contre la politique de Macron ? Les candidats LR sont ils motivés pour être dans une opposition constructive ou bien pour s’allier a la première occasion avec la nouvelle « majorité présidentielle ». Même chose pour le PS dont on voit aussi nombre de transfuges se présenter aux électeurs avec l’étiquette majorité présidentielle mais tout en restant au PS. Puis ceux qui quittent le PS (très peu à part Valls) et qui se mobilisent totalement pour le nouveau président, attendant sans doute leur récompense ministérielle.

Comme on peut le voir rien ne sera clair sauf pour les deux extrêmes qui, hormis les parachutages sont clairs sur leurs intentions (ou presque) et le parti de Nicolas Dupont Aignan, Debout la France, droit dans ses bottes de gaulliste et peut être le seul parti de droite existant encore dans notre pays. Comme on peut le voir rien ne sera simple et les grincements de dents seront légion.

Alors nous, les simples électeurs toujours présents quoi qu’en disent les journaux, aurons nous le sursaut d’intelligence de profiter de cette élection pour dire en masse « nous ne voulons plus de ces manœuvres » réaffirmant après les élections primaires et présidentielles que la façon archaïque de faire de la politique de tous ceux qui occupent encore nos écrans « Cela suffit : »

 Alors rendez vous les 11 et 18 Juin (date symbolique) pour un grand réveil du peuple et surtout ne fêtez pas la Saint Michel* avant le mois d’octobre.

* Saint Michel Patron des parachutistes.


Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.