Le Grand Paris : bâtir la France du 21ème siècle !



À Napoléon qui voulait « faire quelque chose d’utile et de grand pour Paris », son Ministre de l’Intérieur, Chaptal, répondit « Donnez-lui de l’eau ». Trois siècles plus tard, c’est de l’air qu’il faut à Paris ! Et à la France !

Un projet peut rendre à notre pays son rayonnement international, et à Paris et la Région Ile-de-France la stature de capitale stratégique à l’échelle mondiale : le Grand Paris.

La vision de Nicolas Sarkozy en 2007 était la bonne. Sans une métropole internationale, une ville-monde à l’égal de Londres, New-York, Tokyo, Shanghai ou Moscou sur le plan de l’innovation, du développement économique ou de la mobilité, notre pays rejoindra les pays d’influence secondaire, pour de très longues années.

En tant que Ministre en charge du Grand Paris, j’ai eu la responsabilité de mettre sur les rails ce fabuleux projet. Grâce à l’accord historique que j’ai arraché en 2011 avec la Région Ile-de-France et son Président Jean-Paul Huchon, le Grand Paris Express a vu le jour. Ce réseau de transports restructure et fluidifie la mobilité en Ile-de-France. Il représente 15 000 emplois directs par an, non délocalisables, auxquelles s’ajouteront entre 115 000 et 315 000 emplois d’ici à 2030. Les travaux avancent et les premières gares sortent de terre.

Pourtant, si imposant soit ce chantier, le Grand Paris Express n’est qu’un préambule. Il faut désormais passer la vitesse supérieure et penser le Grand Paris dans sa globalité ! Le Grand Paris est en effet le chantier pour bâtir la France du 21e siècle. Il y a donc urgence à relancer la dynamique. La France ne renouera avec la croissance qu’en renouant avec la croissance du Grand Paris. J’en appelle pour cela à une relance du Grand Paris !

La relance du Grand Paris, c’est :
- l’innovation de pointe avec la création de bassins d’excellence et d’une sillicon valley à la française, avec le plateau de Saclay où il faut aboutir d’urgence la création de la nouvelle université à l’arrêt depuis de longs mois ;
- l’emploi et le développement économique, avec le soutien à la création d’entreprises et la mise en place de conditions idéales pour attirer les investisseurs. L’Île-de-France assure 31 % du PIB national et en redistribue 10 % en régions. C’est dire l’importance économique du Grand Paris sur le reste de notre pays ;
- la création de logements pour relancer le secteur du bâtiment, améliorer la qualité de vie des habitants et prendre à bras-le-corps la question du mal logement ;
- la construction de la Ville de demain, intelligente, fluide, moins polluante et moins polluée ;
- le développement de nouveaux secteurs économiques notamment liés à l’environnement, et à de nouvelles formes de mobilités ;
- le décloisonnement de l’Ile-de-France en faisant enfin du Havre et de Rouen les façades maritimes du Grand Paris, pour renforcer les débouchés vers l’international ;
- la meilleure façon de lutter contre la France à deux vitesses en proposant un nouveau modèle d’aménagement et d’équilibre territorial, où métropoles et territoires ruraux échangent, s’irriguent et se complètent.

Enfin, et surtout, la relance du Grand Paris est la réponse aux attentes concrètes des Français : de l’emploi, de la prospérité, des transports fiables et rapides, une bonne qualité de vie, un environnement dynamique et un pays exemplaire qui rend fier et donne envie d’y vivre et de s’y impliquer ! Le Grand Paris n’a de sens que s’il reçoit le soutien et l’adhésion des Français. Deux beaux rendez-vous peuvent d’ores et déjà raviver la flamme et s’inscrire dans la dynamique du Grand Paris : les Jeux Olympiques de Paris 2024 et l’Expo Universelle 2025. Ces deux événements seront de magnifiques vitrines de l’excellence et de la vitalité française.

Le Grand Paris doit enfin s’appuyer sur une méthode. J’ai la conviction que le consensus et la simplicité sont les seules clés de la réussite. Le risque qui guette le Grand Paris est flagrant : devenir un mammouth, empêtré dans les conservatismes administratifs, et dont on ne comprend plus ni les ressorts ni la finalité. Il faut, sans attendre, que la direction de ce grand projet sorte de la lasagne territoriale et qu'il soit directement rattaché au Premier ministre. Le Grand Paris n’a pas vocation à être une entité de l’Ile-de-France, ni une énième strate administrative. Notre pays étouffe de toutes ces pesanteurs et de toutes ces couches décisionnelles. Tant de freins mortifères à l’action et à l’ambition ! Au contraire, le Grand Paris doit tourner le dos au monde d’hier pour construire la France de demain.

Projet politique, au sens le plus noble, le Grand Paris est un projet pour la Cité et pour les Citoyens. Un projet pour une France plus forte, plus juste, plus désirable.


Maurice Leroy

Maurice Leroy est Ancien Ministre, Vice-Président de l'Assemblée des Départements de France et Président du Conseil départemental de Loir-et-Cher