Les DOM-TOM, oubliés de la campagne présidentielle

François Hollande en visite en Guadeloupe en 2015

Les soubressauts de la campagne présidentielle n'ont échappé à personne. Au sein de ces débats sans fin sur fond d'affaires, les programmes des candidats ne semblent plus au coeur des préocupations des différents camps politiques. Dans ces remous, une partie de la France est oubliée : les DOM-TOM.

Le bal des candidats dans les DOM-TOM

C'est un rituel ; peut-être même une rangaine. À chaque campagne présidentielle, les candidats se ruent sur les territoires et les départements d'outre-mer dans l'espoir de peser dans la balance, de faire la différence, de remporter les voix des indécis. Ainsi, depuis le mois de novembre 2016, les visites se succèdent. Marine Le pen a débarqué à Saint-Pierre-et-Miquelon, à l'Île de la Réunion, à Mayotte, en Guyane. Les voyages en Martinique et Guadeloupe, pour l'instant trop hostiles, ont été reportés pour des questions de sécurité. 

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélanchon ont choisi La Martinique et la Guadeloupe. François Fillon s'est envolé en décembre pour La Réunion tandis que Nicolas Dupont-Aignan s'est rendu à Mayotte. Tous ont affiché leur volonté de réduire l'insécurité et les taux de chomâge parfois deux fois plus élevés qu'en métropole. Le bilan du quinquennat de François Hollande n'a pas vraiment convaincu les ultramarins dans ce domaine.

Les richesses oubliées de l'Outre-mer

Mais les Français de ces lattitudes lointaines savent bien que ces déplacements ne sont parfois qu'une simple visite de courtoisie. Peu de mesures concrètes sont ensuite mises en place pour changer les choses. C'est bien dommage car les potentiels sont inouïs. La France, grâce à ces territoires, contient une diversité culturelle incroyable par rapport aux autres pays d'Europe explique Dominique Wolton, chercheur au CNRS et spécialiste de la communication politique. Cette diversité lui permet de comprendre le monde mieux que personne. Les politiques mesurent-ils cette richesse ? 

Le gâchis n'est pas seulement dans un sens, car il est probable que les élus des DOM-TOM ne sont pas assez présents et visibles dans la vie politique de la métropole. Insécurité, chômage, immigration clandestine, radicalisation de l'islam, problèmes environnementaux, développement de l'espace maritime, autonomie énergétique, souveraineté alimentaire, tourisme, agriculture... Les problématiques sont multiples et les détresses existent même au delà du Faubourg Saint-Honoré. À bon entendeur !