Elections de liste, une machine à créer de l'abstention

66,7 %
Lors du premier tour des Régionales et Départementales 2021,
l'abstention a atteint 66,7%.

Depuis plusieurs années, nous sommes quelques-uns à nous préoccuper des élections de liste, en particulier pour en dénoncer le caractère anti démocratique. L’apogée a été atteinte le dimanche 20 juin 2021, pour l’instant.

Une élection de liste ne mobilise pas les électeurs, en particulier parce que les partis présentent une tête de liste, personne ou presque ne connaissant ensuite la composition de la liste. L’électeur aime bien connaitre celui pour qui il vote, dans le cas des listes c’est l’inconnu qui prime.

On a même souvent vu les partis politiques mettre dans ces listes des personnes qui jamais n’auraient été élues sur le seul nom, pour des raisons diverses. Y compris même des mis en examen ou des personnes n’ayant pas le droit d’y figurer. Le pompon a été remporté en 2015 par l’UMP de l’époque en Occitanie ou même la tête de liste, inconnue régionalement et parachutée, a été invalidée car ce candidat n’aurait jamais dû se présenter dans cette région.

Pire, l’élection de liste devrait se dérouler avec un seul tour, ce serait théoriquement la logique de cette élection, ce n’est pas le cas. Durant la période Chiraquienne avec le gouvernement Raffarin, ils ont « inventé » l’élection de liste a deux tours. Une usine à gaz incompréhensible des électeurs mais favorisant toutes les combines, tous les arrangements contre nature, toutes les tambouilles politiciennes.

La principale motivation réelle, mais non assumée, était d’obtenir par tous les moyens les plus tordus, l’impossibilité pour le FN de l’époque d’accéder à la tête de région. Le second tour fut donc créé pour permettre les mariages de carpes et de lapins, les désistements en faveur d’opposants. En un mot tout ce qui peut empêcher la logique d’une élection, seuls les électeurs dans ce type de fonctionnement sont méprisés et maltraités. Résultat une abstention massive toujours plus importante.

Le gouvernement Fillon l’avait compris. La réforme mise en place et voulue par Nicolas Sarkozy était la solution. Une réforme dont beaucoup disent aujourd’hui que c’était une excellente réforme. Supprimer les élections départementales, supprimer les listes régionales et faire une élection de conseillers territoriaux, sur leur seul nom. Une réforme qui avait l’avantage de permettre aux électeurs de choisir leur conseiller localement, une réforme qui permettait des économies importantes, moins d’élus en particulier. Le Sénat attaché aux départements et surtout aux grands électeurs facile à convaincre était contre, mais ce sénat a toujours été contre tout ce qui pouvait les mettre en danger. Ce même Sénat sous la conduite de Pompidou qui a fait basculer le général de gaulle lors de son dernier référendum.

François Hollande dès son élection s’est empressé de supprimer cette réforme des territoires, avec le soutien non avoué des sénateurs. Le parti socialiste qui n’existe que par les petits arrangements entre amis ne serait pas sorti indemne de cette réforme dans les régions. François Hollande a même fait pire puisqu’il a doublé le nombre d’élus départementaux avec ses binômes. Une dépense majeure venant s’ajouter à celle des regroupements régionaux, mais les sénateurs y trouvaient leur compte.

Les élections régionales de 2015 ont été le mauvais exemple, on a vu les têtes de liste LR se faire élire par les socialistes se retirant au profit de ce qu’ils appellent sans pudeur le front républicain. Les électeurs pour plusieurs régions ont été écœurés de ce retour a la politique des partis que de Gaulle avait combattu durant toute son existence politique.

Le résultat nous l’avons vu dimanche dernier avec 66,7% d’abstention, un record signant la fin de ce type d’élection.

Pour le second tour les épiciers politiques n’ont toujours rien compris et continuent à se mélanger allègrement dans le front républicain a l’opposé de toute démocratie et de tout respect des urnes. Peut-être que le record sera battu.

 Mais ne désespérons pas, le pire est sans doute à venir avec les élections présidentielles. Certains bruits parlent d’associations et de combines entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, sur le dos des électeurs bien sûr. Allant jusqu’à marchander des places de premier ministre oubliant sans doute que le premier ministre doit être issu de la majorité sortie des urnes des législative et pas du fait des princes qui veulent gouverner le pays.


Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic et rédacteur dans plusieurs revues.