Mali : Aliou Boubacar Diallo, le dialogue et l'union comme seules solutions



Lorsque son parti politique a participé au dialogue national inclusif (DNI), certains parmi les plus radicaux l’avaient sévèrement critiqué. Quand son groupe parlement a adhéré à la majorité présidentielle, on lui a encore porté des coups. Aujourd’hui, le choix d’Aliou Boubacar Diallo, qui a toujours prôné le dialogue et l’union au service des Maliens, ressort comme la seule solution pour sortir le pays du gouffre au vu du nouveau contexte socio-politique.

En décembre 2019, ADP-Maliba fut l’un des rares partis de l’opposition à avoir participé au dialogue national inclusif (DNI), une initiative créée pour trouver des solutions consensuelles à la crise multidimensionnelle que vit le Mali depuis 2012. A l’époque, la formation politique d’Aliou Boubacar Diallo a reçu une volée de bois vert de la part de certains partis d’opposition. Par la voix de son représentant et secrétaire politique Baba Boubacar Keïta, ADP-Maliba avait expliqué s’inscrire dans une « opposition républicaine, c’est-à-dire une opposition constructive ».

C’est grâce aux recommandations du DNI et à l’insistance de responsables politiques comme Aliou Boubacar Diallo qu’ont eu lieu les élections législatives auxquelles ont pris part tous les partis de l’opposition en mars et avril dernier. La tenue de ce scrutin fait partie des quatre recommandations principales de ce conclave avec, entre autres, le retour de la sécurité dans le nord et la relecture de certains articles de l’Accord de paix d’Alger. Aujourd’hui, l’opposition siège à l’Assemblée nationale, profitant ainsi des fruits d’une initiative pourtant boycottée.

ADP-Maliba dans une démarche constructive

Le 26 mai 2020, Aliou Boubacar Diallo prend à nouveau de l’avance sur les autres en se rapprochant davantage du pouvoir au nom de la réconciliation nationale. En effet, son groupe parlementaire « Benso », qui signifie « Maison de l’Entente » en langue Bambara, a rejoint la majorité présidentielle. Le riche homme d’affaires a précisé que « la constitution de ce groupe n’est qu’une étape d’un long processus adopté par les Maliens, autrement dit, le prolongement de la dynamique consécutive à la tenue du Dialogue National Inclusif (DNI) ».

Il estime qu’il faut continuer de soutenir les actions de Bamako pour sortir le Mali du bourbier dans lequel il s’est enlisé depuis huit ans. « N’est-il pas temps de se donner la main pour sortir le Mali du gouffre dans lequel il est ? N’est-il pas temps d’alléger les souffrances de nos laborieuses populations ? Notre Groupe est convaincu que le temps de cette union est plus que jamais arrivé », a lancé Aliou Diallo au perchoir de l’Assemblée nationale. Il a également laissé entendre qu’il est favorable à une entrée de son parti au gouvernement pour veiller à l’application strict de la feuille de route du DNI.

« J’invite au dialogue les acteurs du mouvement dit du 5 juin »

Deux semaines plus tard, les nouveaux soubresauts au Mali tendent à lui donner une nouvelle fois raison. Après l’épreuve de force du mouvement du 5 juin, son offre politique revient sur la table : le dialogue. Le président malien a dit dimanche tendre la main aux contestataires de son pouvoir. « J’invite au dialogue et je me réjouis de la perspective de rencontrer bientôt les acteurs du mouvement dit du 5 juin. Car rien ne saurait être au-dessus du Mali », a déclaré le locataire du palais de Koulouba.

Désormais, tout le monde parle de l’organisation de pourparlers en vue de former un nouveau gouvernement de consensus, un terme cher à Aliou Boubacar Diallo. La cohabitation rejetée par certains hier devient aujourd’hui une évidence. Que de temps perdu ! Et si on écoutait enfin Aliou Diallo ?