Vol Poitiers-Berlin "Ouvre cette foutue porte, Valls !"

Calculette Paroles Libres 12-06-2015
Crédit Photo : Mediabong

"Ouvre cette foutue porte, Valls !" C'est ce que suppliaient ses proches samedi au congrès PS de Poitiers à un Manuel Valls pressé de s'envoler pour son suicide politique.



Résumons, nous avons un Manuel Valls qui fait payer au contribuable une escapade footballistique à Berlin dont le seul vol est évalué à 17000 € par le député socialiste pourfendeur de gaspillage René Dosière. Un Manuel Valls couvert depuis le G7 d'Elmau en Allemagne par un mensonge de son président "Le premier ministre avait une réunion avec l'UEFA ..." alors même que la réunion avait été annulée quatre jours plus tôt par un communiqué de Michel Platini sur le site officiel de l'UEFA (ce qui explique probablement la présence des enfants de Valls dans cette virée berlinoise.)
Au sein de la polémique que le pouvoir essaie de minimiser en vain via les médias qui titrent gentiment "grosse gaffe", "footboulette" ou "écart aérien", René Dosière rappelle aussi dans "LePoint" que François Fillon lorsqu’il était à Matignon, a remboursé l’État à sept reprises pour près de 7000 € de voyages privés.

Plutôt habile jusqu’ici en matière de mensonges -pardon, de communications - institutionnalisés, cette balle perdue de Valls confirme donc si nécessaire son mépris, son arrogance et son absence totale de repères éthiques et moraux.
Interrogé par la journaliste politique Camille Langlade "Qui paye l'aller-retour à Berlin ?" Valls élude "Je réponds pas à ce genre de questions, je suis Premier ministre ! Je me déplace avec les moyens que vous connaissez, ne créez pas de faux débats" ! Sourire aux lèvres, il ironise "Avec les beaux jours, les gens du voyage voyagent et pas seulement pour aller voir un match de foot". Entre deux balles à Roland-Garros le lendemain dimanche, Manuel Valls justifie son usage personnel des fonds publics : "Je travaille beaucoup, je m'engage beaucoup. Et puis de temps en temps, il y a aussi un moment de détente, même s'il y a de la tension et de la passion dans le sport". 
Bref ...c'est le trou d'air !

Finalement excédé par les turbulences de l'Assemblée nationale, il enfile un piteux gilet de sauvetage : "le sport a un rôle très important grâce aux grands évènements internationaux que nous allons accueillir ici en France et le rôle du chef de gouvernement, c'est de soutenir ces grands rendez-vous pour la France, parce que c'est important pour l'image du pays, pour l'attractivité, la compétitivité et pour les emplois."
Les pilotes de la communication désemparés essaient de redresser : face à l'opinion publique profondément choquée et sous la pression médiatique, notre petit caudillo déclare accepter de payer "pour ses enfants" qui l’accompagnaient comme une faveur: après tout "ils n’ont rien coûté de plus".
Boyard, Manuel Valls ?

Récemment encore, l’ex directrice de l’INA, Agnès Saal a bien promis de rembourser à l’État ses frais de taxi et ceux de son fils. Il n’empêche : une enquête préliminaire pour "détournement de fonds publics aggravé" vient d'être ouverte par la justice.
Alors, Valls devrait-il s’en tirer à si bon compte par ce nouvel enfumage mis au point par ses spin doctors ? Vraiment ?
Que nenni  et  Xavier Bertrand  aura ce bon mot sur Europe1 "Faute avouée, à moitié remboursée".
Ainsi quoi qu’en disent les hollandolâtres, la page n’est pas tournée et l’immunité présidentielle ne s’applique pas encore aux ministres ni proches conseillers. Déjà Cahuzac, Thevenoud, Arif,  Morelle et Lamdaoui en ont bien fait les frais. Concernant Valls, la loi voudrait qu'il soit poursuivi et la décence qu’il démissionne. Quant à l'alibi fourni in extremis sur commande par un Platini pris dans l’engrenage, personne n'est dupe et je citerai simplement Nicolas de Chamfort "Amitié de cour, foi de renards et société de loups."

Et c'est pas fini !  Selon FranceInfo une association le Fricc, le Front républicain d'intervention contre la corruption, a décidé de porter plainte dans cette affaire contre le Premier ministre.
A minima, son "Je réponds pas. Je suis Premier ministre !" doit désormais coller à l'illustre supporter catalan comme le sparadrap du Capitaine Haddock.

Calculette@LaMutine



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