Mensonges et trahisons



En cette période de remise de prix on est gâté tristement en France.

Entre Johnatann Daval qui aurait tué sa femme par accident, Sophie Spatz qui aurait été violée par « surprise » par Gérald Darmanin , Théo, dont la blessure est réelle certes, qui aurait été violé et avait assuré l’intentionnalité des policiers lors de son arrestation, Jawad, le logeur et plus de terroristes des attentats de novembre 2015, qui n’aurait rien su, Mathieu Gallet qui ne se résout pas à démissionner de Radio France, malgré la condamnation en première instance, qui devrait être considéré comme innocent, Cécile Bourgeon et son compagnon d’alors qui n’auraient rien fait à sa fille Fiona décédée, Robert Bourgi qui aurait «  ourdi le complot » pour « niquer » Fillon,…..

On en a de beaux cyniques acteurs-trices et une presse d'un niveau!!!. Une série des années 80 s’appelait «  Au-delà du réel » ; on y est.

Les médias si prompts à s’enflammer relaient tout et tout de suite. Ils attisent parfois, cela permet de pouvoir alimenter le fond de commerce. Un autre exemple ? Les médias se sont engouffrés dans la vaguelette Christophe Arend, accusé de harcèlement sexuel en octobre dernier et dont le cas fut réglé en cinq semaines puisque classé sans suite : son accusatrice n’étant pas blanc-bleu. Ce qui n’empêcha pas les professionnelles du féminisme dont la célèbre Caroline de Haas, businesswoman du féminisme, de crier, que dis-je, hurler au loup !

Chacun, chacune est dans son rôle après tout! On disqualifie, on révèle, on salit et si cela s’avère hors propos ou mieux faux….ben tant pis.

Attention, le cas Fillon est autrement différent : ce charmant ex premier ministre, fan de bolide, avait touché la glissière de sécurité pendant les primaires. Se croyant hors d’atteinte, il s’était adressé de façon sibylline à Nicolas Sarkozy en mêlant adroitement le général de Gaulle, mise en examen, en déclamant : « Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs. Il ne sert à rien de parler d'autorité, quand on n'est pas soi-même irréprochable ! ». L’effet boomerang fut total. Même si certains adhérent(e)s Les Républicains y voit la main visible d’un complot homosexuello-maçonnique (émission Quotidien), force est de constater que le PenelopeGate, sa décision, une fois mis en examen, de rester candidat malgré tout lui assura une sortie de route vers l'Elysée fatale….et normale. Même s’il n’est pas encore jugé, la fonction suprême à laquelle il concourrait ne pouvait admettre un tel « gagnant » !

Sinon, aucune ou presque précaution, filtre, n’est désormais appliqué. L’affaire Théo L. en est un parfait exemple. Comme tout un chacun ému par la gravité de la blessure, j’ai roumégué contre ces policiers que je pensais « véritables cow-boys » qui s’en étaient pris à un jeune bien sous tous rapports qui avait la malchance d’être noir ! Ne m’exprimant pas publiquement, cela m’a évité de réagir à chaud. Et puis, un an après les faits apparaît la vidéo de l’arrestation ! Le seul à s’être excusé publiquement de cet emportement anti-flics, c’est le sportif Patrice Quarteron qui a confessé avoir « hurlé avec les loups » trop tôt, bravo monsieur! Côté médias : silence….coupable !

Cela me rappelle la vraie-fausse histoire du bagagiste d’Orly. Que d’articles bien informés, que de unes sur le présumé terroriste….et lorsqu’il s’avéra que tout était faux, la dite presse s’évanouit.

Dans les années 90, l’émission de référence « La marche du siècle » n’hésita pas à truquer, falsifier un reportage sur des jeunes beurs les affublant, à coup de palette graphique, de barbes à l’écran pour les rendre plus « islamistes ». Le journaliste et présentateur, futur patron de la « cinquième » chaîne, fut-il sanctionné ? non et même il continua une carrière prolifique dans les mondes médiatiques et politiques.

Aujourd’hui, c’est sur les réseaux sociaux qu’une frange de la population dit s’informer. Si bien que lorsqu’un gamin de 8 ans se fait tabasser par des adolescents de 16,à Sarcelles, car il aurait porté une kippa, certains n’hésitent plus à déclarer comme sur RMC ( « Les grandes gueules » du 30 janvier) que c’est la « faute des sionistes, agents d’Israel, comme Finkelkraut, Goldnadel »….excusant quasiment cette agression à caractère antisémite ou pas!

Les médias traditionnels vont-ils faire un jour leur réelle autocritique ? La course au scoop permet-elle tous les errements ? La désaffection des citoyens pour la presse en général, tout comme pour les politiques, va-t-elle enfin prendre fin un jour ? Il ne suffit pas de traiter à l'antenne les fake-news colportées sur les réseaux sociaux pour se parer de vertus !

Les mensonges répétés, les trahisons et arrangements avec la vérité restent trop nombreux. Un peu de distance, un peu de réflexion, un peu d’éthique ne nuiront pas.

Le président Macron a évoqué une loi « anti fake-news »…pourquoi pas ? A conditions de proposer une information de qualité et avérée. Sans quoi les théories du complot, dont la mécanique était si bien décrite voilà peu dans un documentaire «  Complot les alibis de la terreur »sur France 3 le 26 janvier dernier, continueront à pulluler sur des médias alternatifs : des Illuminati lucifériens en passant par la mort tronquée de Ben Laden, la justification de l'antisémitisme...antisionisme comme ils le nomment à longueur de vidéos de « réinformation », etc…

La culture de générations entières de citoyens est en jeu. Notre cohésion citoyenne est en jeu. Notre République, notre démocratie sont en jeu. Si rien ne change, cette loi promise ne sera qu’un vulgus pansement sur une plaie béante, si elle arrive, en outre à voir le jour et prendre effet.


Philippe Bapt

Engagé socialement dès mon adolescence, la politique est un sujet important pour moi. A 16 ans j'ai reçu le 1er prix départemental (31) du civisme pour la jeunesse (remis par l'ordre national du mérite section 31), je participe à la vie de mutuelle étudiante et de centre socio-culturel. Je suis élu local de 2008 à 2014 en première couronne de la ville rose, administrateur d'un théâtre / espace culturel. Parallèlement, je préside un club de rugby, dans lequel j'ai terminé ma carrière, en centre-ville de Toulouse de 2010 à 2015. Je débute en tant qu' éditorialiste politique hebdomadaire dans le Journal Toulousain en 2014 puis dans le média PoliticRégion en 2016.

Profil: chargé de communication spécialisé digital et événementiel.