Narcisse et l'écho mythologique d'aujoud'hui



Jusqu’où iront certains et certaines pour être sûr de faire partie de notre inconscient collectif ?

Oh oui je sais vous allez me dire que ce jeu ne s’est jamais arrêté depuis des siècles et des siècles. Pourtant, tout comme tout accélère : le rythme de vie, le rythme de travail, le rythme de communication, tout effet est démultiplié avec les nouveaux médias sociaux.  Alors, au siècle dernier, les canaux de communications étaient assez peu diversifiés : soit ils étaient peu nombreux, soient bridés. La radio et télévision françaises ont dû attendre il y a moins de 40 ans pour se départir de la tutelle étatique et proposer plus de trois chaînes et une bande FM à l’offre éclectique. C’était le début des superstars, l’âge d’or des balbutiements de la communication politique en France. De sorte que lorsqu’un individu plus ou moins connu s’exprimait fort….les effets induits étaient proportionnels à son esprit de cabotinage ! Un Georges Marchais excellait en la matière, là où un Michel Droit enterrait toute velléité de s’intéresser à son discours (pas à ses livres, ni à son coup de fusil dans les safaris).

La communication politique/ le marketing politique est né(e) lors de la campagne de Franklin Roosevelt en 1936. Sa mise en scène remonte aux débats télévisés entre Nixon et Kennedy en 1960… La dernière élection présidentielle aux Etats-Unis du président Trump a montré une nouvelle facette, peu glorieuse, mais édifiante, puisque gagnante du : «  plus c’est gros, plus c’est gras… plus ça passe!». Le souci est que nos communicants ont toujours été à la remorque de ce qui se faisait en la matière outre-Atlantique… politique ou pas !

Et il y a vingt ans, internet est venu bouleverser tout cet équilibre.

Pour être plus clair, je vais ici tenter un parallèle : avant, au théâtre, sans micro et artifice, il était une règle de sur-jouer son rôle pour que même les derniers rangs aient un rendu correct de chaque scène ! Sur-jouer mais pas trop….là est le propre du bon comédien (ces règles sont toujours en vogue).  Imaginez maintenant que chaque spectateur du premier au dernier rang ait un écran, un casque pour voir et entendre chaque scène de chaque acteur…. Et plus même, puisse interagir en direct en notant ou annotant le jeu de ces interprètes…

Voilà la nouvelle donne de la communication politique. Chaque hurlement, posture est d’un impact incroyable. Loin d’adapter son jeu de comédien à cette nouvelle donne communicato-technologique, les présentateurs/chroniqueurs/intellectuels/politiques/éditorialistes continuent à crier plus fort pour se faire entendre.

Plus fort en volume, tel un Finkelkraut des beaux jours et sa parodie d’Edouard Balladur des barricades, ou plus fort en invectives, insultes à fleuret moucheté ou pas, tel un Michel Onfray, un Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Rachel Garrido et quasiment tous les têtes de gondoles auto-proclamées « insoumises » ou même notre Président de la République.

Ainsi le critiqueur en chef, toute catégorie, ceinture WBA/WBC Michel Onfray se plie volontiers à l’exercice. Si je respecte l’homme et son œuvre titanesque, il n’a que 58 ans, sa manière de penser ne m’importe qu’à partir du moment où il se prête trop volontiers au jeu qu’il exècre chez (tous) les autres : la médiatisation. Il se dit du peuple, mais n’assène que leçons. Il se dit de gauche, mais n’accepte aucune gauche. Il dit vouloir vivre dans « sa cabane », mais dès que j’allume mon poste de télévision, j’ai parfois le choix entre Cyril Hanouna ou lui !

Michel Onfray est un intellectuel, philosophe et surtout éditorialiste….mais n’aime pas que l’on lui rappelle. Il est un excellent communicant : sa storytelling est peaufinée, servie à loisir matin midi et soir dans tous les médias. « Il est professeur, puis après le 21 avril 2002, démissionne de l’Education Nationale et crée les universités populaires de Caen ». Il se veut le paysan qui vient porter la parole du peuple dans les médias. Un brin populiste, mais surtout ne pas lui dire ! Même s’il déclare régulièrement que « Le peuple trouve grâce » à ses yeux. Comme tous ces intellectuels, invités et «  bons clients », il se mue tour à tour en chroniqueur, débateur, éditorialiste avant tout et surtout « serial critiqueur ».  Dernier point, mais pas des moindres : ne pas le critiquer ! Sinon comme Emmanuel Macron, vous serez affublé de mots ciselés pour le buzz : « Il faudrait que ce petit garçon devienne un adulte ».

Le plus marrant au final, c’est que lorsqu’il dit : « C'est un personnage extrêmement narcissique qui estime qu'il faut l'aimer, et que si on ne l'aime pas, c'est qu'on le déteste, et que si on le déteste, c'est qu'on est un méchant, un salaud ... », on penserait qu’il s’auto-décrit….mais parle en fait d’Emmanuel Macron !

Je comprends bien qu’il lui faut un auditoire permanent, sans quoi, « la nature ayant horreur du vide », il sera remplacé et devra vivre vraiment dans sa « cabane »…loin des lumières et des avantages afférents.

Dans le monde sans pitié du gagne-pain politique, depuis la dé(re)composition de l’échiquier politique de cette année, il en est de la vie de philosophe comme celui d’élu. Ceux qui, jusqu’ici,  appliquaient les vieilles règles théâtrales et les recettes issues de la communication digitale, faisaient partie de la fachosphère : truc informe, mais organisé, efficacement médiatisé. Le relai semble enfin être pris… par les populistes d’extrême gauche. Pas celle des Bérurier Noir, non celle qui veut croûter sur le dos du peuple!

Le sens de la formule, le sens du verbe, un vieux routier de la politique l’a particulièrement. Quand il ne se perd pas en recette du quinoa dans Gala, Jean-Luc Mélenchon est et sait qu’il est un excellent orateur. Le souci réside autant dans ses postures de l’ancien temps sur-sur jouées que dans le conglomérat de « fâchés » qui l’accompagnent. Il faut bien admettre que réhabiliter Robespierre ou soutenir que Cuba n’est pas une dictature jusqu’à défendre Maduro et les faits qui se déroulent au Venezuela, c’est assez fort.  Il refuse l'outrance des signes chez les politiques et lui-même n'est que symbole! Il pourfendait les « éléments de langages » et autres punchlines, il ne vit que de cela.

« Coup d'Etat social ».....où allons-nous? « Coup d'Etat fiscal »...où allons-nous?

La remise en cause incessante du résultat démocratique des élections de mai et juin va durer jusqu’à quand ?

A la limite, que ce monsieur, chantre du dégagisme et lui-même dinosaure de la politique, continue sa carrière, comme d’autres populistes l’ont fait avant lui, dans l’outrance verbale….soit !

Là où cela se corse, c’est au niveau des choix des personnes politiques pour l’entourer. Des noms ?

Raquel Garrido....la nouvelle Thomas Thévenoud ? 32000 euros d’oubli selon le « canard enchaîné » et porte-parole du « peuple » grassement payée… par un de ces patrons honnis, voilà encore quelques moi, par elle-même !

Danielle Obono et ses doutes?.... Déjà épinglées voilà plusieurs mois pour sa proximité avec les « Indigènes de la République » puis sa volonté de ne pas être fière du pays qu’elle représente au  parlement national, aujourd’hui peu emprunte à reconnaître un acte de radicalisation islamique….

Clémentine Autain, autre députée, dont le féminisme comme étendard voilà encore quelques années a disparu au gré d’une caméra cachée diffusée à la télévision publique, à Sevran, dans certains bars où manifestement être une femme ne plaisait que peu au public local.

Sans oublier les écrits désastreux et les soutiens de certains de leurs supporters ou colistiers comme notamment : Sonia Nour et son presqu’apitoiement sur le meurtrier terroriste de Marseille, la réaction de « total soutien » à cette dernière de la suppléante de François Ruffin pour les législatives de juin dernier : Zoé Desbureaux.

"Le mot obus"?  L'insulte comme argument? Le nec plus ultra de l'argumentation politique? Les accusations de « facho » à qui ose rappeler ce qu’est la laïcité alors que beaucoup y compris ceux cités précédemment se compromettent facilement pour quelques voix... Déjà qu'au niveau récupération, Jean-Luc Mélenchon avait fait fort : de la mort de Clément Meric à ses multiples rencontres et soutien à Jérôme Kerviel.

La colère traduite me dit-on? Jusqu'où? Assumera-t-il lorsqu'il y aura un mort, un attentat? La colère ne doit pas être instrumentalisée. L'insoumission ce n'est pas ça! Le populisme si!

Suis-je porte-parole d'Emmanuel Macron ? Non. Pour cela, Bruno Roger-Petit excelle. Il en est même devenu salarié. Je juge juste que la violence des attaques ad nominem sur le président est intolérable. Mais, je n’apprécie pas que lui-même se laisse dériver vers des attaques trop faciles et des phrases toutes aussi calculées et blessantes. Ce jeune homme, plein de culture et de savoir, a mieux à faire que laisser notre pays glisser dans un clivage aussi bipolaire. Au bout de cette composition au hachoir, la laïcité, le vivre-ensemble vont voler en éclat.

Des « fouteurs de bordel », des « fainéants » et « cyniques » oui il y en a. Laissez donc faire. Qu’ont-ils fait eux, celles et ceux qui sautent de joie à chacune de vos saillies verbales ? Rien ou si peu!

Vous pouvez nous prouver que la France peut être fière d’elle : de ses villes de ses campagnes, de ses centre-ville et de ses banlieues, etc… Votre majorité et marge de manœuvre sont assez importantes. Gardez ce cap et n’oubliez pas le volet social dont vous avez tant parlé. Là sont l’attente du peuple…oui celui dont beaucoup : du philosophe aux opposants se réclament….pour vivre !


Philippe Bapt

Engagé socialement dès mon adolescence, la politique est un sujet important pour moi. A 16 ans j'ai reçu le 1er prix départemental (31) du civisme pour la jeunesse (remis par l'ordre national du mérite section 31), je participe à la vie de mutuelle étudiante et de centre socio-culturel. Je suis élu local de 2008 à 2014 en première couronne de la ville rose, administrateur d'un théâtre / espace culturel. Parallèlement, je préside un club de rugby, dans lequel j'ai terminé ma carrière, en centre-ville de Toulouse de 2010 à 2015. Je débute en tant qu' éditorialiste politique hebdomadaire dans le Journal Toulousain en 2014 puis dans le média PoliticRégion en 2016.
Profil:
Chargé de communication spécialisé digital et événementiel.