Les politiciens récidivistes de l'oubli

52 500 EUROS
Françoise Nyssen a « oublié » de déclarer des travaux immobiliers :
cela lui aurait permis d?éviter de payer 52 500 euros d?impôts et
taxes

Nous poursuivons notre florilège des « oublis » de nos chers politiciens. Nouvelle venue dans cette rubrique du samedi : Françoise Nyssen, ancienne ministre de la Culture. La dame a certes cédé sa place au mois d’octobre à Franck Riester, mais il me semblait injuste de laisser sa double performance sombrer dans l’oubli. D’autant plus qu’on n’est pas à l’abri de la revoir un de ces jours à la tête d’un ministère.

On apprenait donc le 22 août par Le Canard Enchaîné que Françoise Nyssen avait à nouveau « oublié » de déclarer des travaux immobiliers, cette fois-ci dans un hôtel parisien qui appartient à la maison d’édition dont elle était la présidente (la ministre avait déjà été épinglée au mois de juillet au sujet du siège de sa maison d’édition, à Arles).

Cela lui aurait permis d’éviter de payer la bagatelle de 52 500 euros d’impôts et taxes, selon les chiffres du Canard.

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Concédons à l’ex-ministre que dans un pays suradministré tel que la France, il est bien agréable de se passer de temps à autres de permis de construire, surtout lorsqu’il s’agit d’obtenir l’aval l’architecte des Bâtiments de France et de l’architecte en chef des Monuments historiques, lesquels sont d’ailleurs sous la tutelle…du ministère de la Culture.

Vaccin = traitement expérimental ?

Existe-t-il un mensonge que nos politiciens renonceraient à proférer s’il leur permet de défendre leur paroisse ? Quand on voit l’énergie que Jean-Luc Mélenchon dépense pour faire l’éloge des régimes autoritaires socialistes, il y a de quoi se poser sérieusement la question.

Fin septembre, voici ce que le leader de LFI a déclaré devant ses confrères de l’Assemblée nationale, entre deux éloges des vertus de la dictature cubaine :

« Si vous cherchez un vaccin contre le cancer du poumon, allez à Cuba, il existe, les Cubains sont d’ailleurs prêts à commercer avec nous, mais ils ne veulent pas vendre leur procédé à Sanofi (géant pharmaceutique français, N.D.L.R.), ce qui se comprend ; ils préféreraient le faire dans une relation de coopération sincère où l’on chercherait d’abord à guérir des gens ou prévenir la maladie avant que de réaliser des profits ».

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Existe-t-il un vaccin contre le cancer du poumon dont on n’aurait jamais entendu parler du fait que l’Etat cubain le garderait pour lui, au prétexte de ne pas réaliser de dégoûtants profits grâce à cette découverte « révolutionnaire » ? Pas besoin d’être Guillaume d’Ockham – dit le docteur invincible – pour se douter que la réponse est non. Certes, on y travaille à Cuba comme ailleurs, mais le député a en fait confondu vaccin et immunothérapie en cours d’étude (le CIMAvax-EGF)…

Jean-Luc Mélenchon regrette-t-il d’avoir tenu des propos aussi absurdes ? Si vous connaissez un peu le zigoto, vous ne serez pas surpris d’apprendre que non.

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S’il a reconnu avoir « parlé trop vite », il a tout de même demandé au journaliste qui l’interrogeait à ce sujet pourquoi il devrait « regretter » avoir raconté nawak à l’Assemblée nationale, son actuel terrain de jeu. Quand on défend la revolución, on ne s’arrête pas à ce genre de détails

Si l’on va encore un peu plus au bord du bord de la gauche de l’échiquier politique français, on peut cependant trouver des propos encore plus ahurissants.

Quelques dizaines de millions de morts ? Un point de détail

Ce tweet du Parti communiste français (oui, ça existe encore) date non pas du lendemain de sa fondation en 1920 au congrès de Tours, mais du 25 août 2018.

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Entre 1920 et aujourd’hui, il y a eu : l’approbation du pacte germano-soviétique en août 1939, la glorification de Staline qui s’est renforcée au sein du parti après sa mort en 1953 (Maurice Thorez avait tout de même trouvé moyen de déclarer que « Stalinien est un titre d’honneur et de gloire que nous nous efforçons de mériter »), le soutien de l’intervention soviétique en Hongrie contre l’insurrection de Budapest en 1956, et j’en oublie forcément.

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Pour ceux qui ne connaitraient pas l’Humanité – et pour cause, personne ne le lit -, il s’agit du journal fondé en 1904 par le socialiste Jean Jaurès et qui est devenu communiste au lendemain du congrès de Tours. En tant qu’organe central du PCF entre 1920 et 1994, inutile de dire qu’il suivait méticuleusement la ligne du Parti.

Celle qui a oublié qu’elle disposait de son propre porte-monnaie

Jean Jaurès, tout socialiste qu’il était, avait le mérite de considérer qu’un journal « n’est libre de son action nationale et internationale qu’à la condition de rejeter les subventions ». On ne peut pas dire que ses successeurs soient du même tonneau.

Non content d’engloutir chaque année plusieurs millions d’euros en subventions, l’Humanité a d’abord été renfloué une première fois par l’Etat en 2013, sous le gouvernement Ayrault.

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C’est ce même journal dont on a appris fin janvier qu’il est à nouveau en cessation paiement.

C’est toujours à ce même journal que Natacha Polony, grande habituée des subventions étatiques, voudrait que vous versiez une énième obole.

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Il est vrai qu’après avoir enterré des dizaines de millions de morts, on peut se fendre de quelques pages de poésie.

Madame Polony, si cet article arrive jusqu’à vous, je vous remercie, vous êtes gentille mais si vous voulez donner, pourquoi n’ouvrez-vous pas une cagnotte Leetchi ?

Je vous retrouve la semaine prochaine avec l’annonce du grand gagnant au sein de la catégorie « trou de mémoire abyssal ».

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Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici et c’est gratuit


Nicolas Perrin

Nicolas Perrin est conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Diplômé de l'IEP de Strasbourg, du Collège d'Europe et de l'Université d'Aix-Marseille, il intervient pour les publications Agora en tant qu'éditorialiste. Il est notamment l'auteur de "Investir sur le marché de l'Or - Comprendre pour agir", paru aux éditions SEFI Arnaud Franel.