Politique : autres temps, autres moeurs



Quand un drame succède à une information people qui arrive après une information politique et est suivie d'une analyse du mental de tel ou tel sportif puis d'une exclusivité technologique enfin poursuivie par la dernière saillie de tel rappeur ou du dernier opus de tel chanteur.....ce n'est pas sans conséquence.

Je ne veux pas faire ici le procès de la presse en continu, mais je veux exposer les dangers inhérents à ce type de process journalistiques. D'une part, un drame chasse l'autre. Sans ménagement, sans ordre de priorité autre que celui de la chronologie. D'autre part, à force d'habitude à ce format d'informations, quasi toute information vaut l'autre. Du coup de calgon de Neymar au coup de sang de Trump, quasiment plus de différence. La réactivité poussée à son extrême ne permet pas ou plus de mise en relief.....le temps manque....vite un nouveau scoop arrive !

A ce stade de notre aculturation au digital, aux réseaux sociaux, aux mails, les français avalent chaque jours des tonnes d'informations qui seront chassées demain par autant de nouvelles news et ainsi de suite chaque jour. Quelle place alors pour des articles de fond? Pour des études poussées sur tel ou tel sujet quand d'une part, le temps d'être écrite un nouveau sujet fait la "une" et que d'autre part un coup de folie d'une starlette de la télé-réalité est mis au même niveau qu'une déclaration de guerre d'une grande puissance envers un pays du sud asiatique?

Les plus aigris d'entre nous diront que c'est fait exprès. Les plus extrémistes déclareront que rien ne vaut les médias de "réinformation": oui ces "médias" qui se veulent hors système mais qui en adoptent tous les codes, tout en distillant des informations pour la plupart soit complotistes soit xénophobes soit carrément antisémites (antisonistes comme ils écrivent). La place pour la réflexion se fait de plus en plus rare. Le temps, chronos, semble manquer à chacun(e) d'entre nous. En lieu et place, on fait appel à notre cerveau primaire: aux émotions. Le problème est que l'on ne parle pas ici de roman, de fiction mais d'actualités !

A partir de ce jeu des émotions, certains médias ont essayé de nous présenter le Bondy Blog comme un vivier de jeunes et talentueux journalistes. Les Inrocks Médiapart nous ont vendu le rêve de l'intégration parfaite en omettant de préciser parfois leur cécité sur des prises de paroles, ecriture de tweets ou soutien de certains à des causes très peu #Charlie et plus proche de l'obscurantisme que de l'éveil tant vanté de certains de leurs nouvelles stars. Comment éviter donc que les "politiques" ne se plient pas à ces codes ? On ne peut. C'est ainsi que les Français ont réussi à élire des extrémistes de droite xénophobes identifiés mais aussi des extrémistes de gauche pour certains aux valeurs républicaines aussi développées que leur homologues symétriques de l'échiquier.

Le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie ne devraient rien à voir à faire dans les murs de notre assemblée nationale. Pourtant si le FN est identifié et fier de l'être, la France Insoumise n'est pas en reste. Ils sont quinze à l'assemblée nationale et déjà un cinquième traîne "des casseroles". Très forts en gueule, ils le sont également en propreté intellectuelle qui laisse à désirer. Leurs valeurs? Ce nouveau mouvement les a a géométrie variable. Le chef se dit fraternel républicain et pour l'égalité. Il ne fonctionne qu'aux clash et s'entoure de dangers pour la République. Autain, Obono, Corbière, Garrido...oui Mélenchon s'entoure d'un ramassis de populistes, racistes pour certains, et au goût pour la République laïque très peu prononcé. Je ne reviens même pas sur le goût prononcé du chef pour une certaine Amérique centrale et latine et la beauté des démocraties locales.

Mais les médias ont besoins d'eux. Ces "bons clients" font vendre. Ils cautionnement des racistes tant mieux! Ils se font les complices d'un islamo-fascisme rampant? C'est merveilleux! Cela fait du contenu. Ce contenu que l'on déverse jour après jour, heure après heure, journal après journal, scoop après scoop.

A l'heure de la recomposition du paysage politique français, au moment où le débat d'idées devrait faire rage, à quoi assiste-t-on? A droite à un Laurent Wauquiez qui cabote de mensonge en mensonge, d'outrance en outrance vers le succès annoncé. (Qui se rappelle encore-il y a moins d'un mois- du scandale de ses 2 mois de travail et 14 ans de cotisations retraite accumulés? Personne car tant de scoops ont déjà enseveli ce scandale) A gauche les socialistes gambergent au point de revoir l'ombre de l'ancien président Hollande réapparaître....en bronchant mollement.

A l'extrême gauche zero de conduite: est tenu un dicours soit victimaire soit outrancier pour faire du bruit ou cacher les errances d'un ramassis rance de personnes aux convictions douteuses. Le centre est occupé par La République En Marche. Entrain de se structurer le mouvement essaie de ne pas sombrer dans les pièges des traditionnelles citadelles politiques.....et ça rame. A défaut de marcher ce parti essaie de se lever. Après tout ne vient-il pas de naître ?

Enfin les radicaux se réunissent enfin après 45 ans de brouille. Ce plus vieux parti politique a enfin saisi l'occasion historique de se rassembler, sans omettre que "nécessité fait loi". Le bal des égos n'est pas encore à l'ordre du jour. Les valeurs fondatrices vont elles réellement être la base du nouveau parti? Ou allons nous voir un nouveau parti supplétif apparaître ? Pour l'intérêt du pays, il serait excellent de voir émerger une force centrale aux valeurs fortes. Et aux envies saines d'exister sur la scène politique dans les prochaines années. Mais l'intérêt général, celui du pays des citoyens, parfois on se demande bien si tout le monde en a réellement conscience: A la vue des scandales des paradise papers, j'ai bien une idée pour certains. Mais quid des journalistes aux politiques nouvelle génération?


Philippe Bapt

Engagé socialement dès mon adolescence, la politique est un sujet important pour moi. A 16 ans j'ai reçu le 1er prix départemental (31) du civisme pour la jeunesse (remis par l'ordre national du mérite section 31), je participe à la vie de mutuelle étudiante et de centre socio-culturel. Je suis élu local de 2008 à 2014 en première couronne de la ville rose, administrateur d'un théâtre / espace culturel. Parallèlement, je préside un club de rugby, dans lequel j'ai terminé ma carrière, en centre-ville de Toulouse de 2010 à 2015. Je débute en tant qu' éditorialiste politique hebdomadaire dans le Journal Toulousain en 2014 puis dans le média PoliticRégion en 2016.

Profil: chargé de communication spécialisé digital et événementiel.