Présidentielle : François Fillon, ce "combattant balafré" de la campagne

18,5 %
François Fillon est crédité de 18,5% des voix selon le dernier
sondage.

Alors qu'il est suspecté d'être coupable, il se pose en victime. Une stratégie politique classique, utilisée par la majorité de ses pairs avant lui !

Les "balles" de ses adversaires

Le candidat des Républicains à l'élection présidentielle, qui doit se tenir dans moins de 40 jours, a été mis en examen par les juges qui se penchent sur des emplois fictifs présumés impliquant des membres de sa famille.

Mais François Fillon refuse de se laisser abattre et poursuit sa trajectoire. Victime d'un “assassinat politique”, comme il l'a dit, il conserve son vocabulaire guerrier et assure à présent qu'il ne va « pas baisser la tête devant les balles » de ses adversaires, comme iI l'a fait lors d’un meeting à Pertuis (Vaucluse). 

Se présentant comme un « combattant balafré » qui n’a pas « appris la vie dans les livres », le candidat de la droite s’est dit « bien décidé à vaincre et à parler fort ».

Une campagne inédite

Une détermination qui plaît à certains de ses soutiens, sur le thème du "on ne lâche rien" ; quand d'autres y voient un entêtement le poussant tout droit à la défaite cinglante.

C'est le cas du sénateur LR Jean-Baptiste Lemoyne, le premier du parti de droite à avoir annoncé son soutien à Emmanuel Macron, voyant en lui « le seul candidat d’une alternance crédible » qui est « devenue impossible avec François Fillon ».

« François Fillon a repris sa parole en restant candidat malgré sa mise en examen, moi je reprends ma liberté parce que je constate combien le reniement de la parole politique nous porte préjudice », a t-il expliqué.

Entre les parlementaires socialistes qui lâchent le candidat désigné par la primaire socialiste, Benoît Hamon, et les élus républicains qui en font de même à droite, c'est décidément une drôle de campagne !

Marine Le Pen reste en tête des intentions de vote pour le premier tour, avec 26,5%, devant Emmanuel Macron (25,5%) et François Fillon (18,5%), selon le sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio publié mercredi 15 mars 2017. 


Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.