Un grand absent pour le moment de la campagne présidentielle... Le Revenu Universel !



Devons-nous relancer le débat du Revenu Universel ? Grand oublié des candidats à la présidentielle, le Revenu Universel est pourtant un sujet de société majeur. Convaincu de l’importance de ce nouveau mode de financement, Éric Wuithier y a dédié un livre « Manuel pratique du Revenu Universel, vous avez tous à y gagner ! ». Il y présente les conditions pratiques et financières de sa mise en œuvre.

Les candidats de tous bords sont actuellement soit englués dans des propositions doctrinaires sur l’immigration et l’islam, soit encalminés dans des taux d’intention de vote extrêmement faible car ils sont trop nombreux, soit encore à envoyer des signaux opportunistes pour capter l’attention d’un électorat qui ne leur serait pas acquis.

Seul Nicolas Dupont-Aignan a proposé un programme détaillé couvrant 27 thèmes et proposant et chiffrant environ 650 mesures, avec lesquelles on peut ou non être d’accord.

Pour le moment la majorité au pouvoir fourbit ses armes, en cherchant à valoriser les acquis du quinquennat actuel, Emmanuel Macron se réservant de décider d’ici un bon mois des mesures qui seraient celle de son possible second mandat présidentiel.

Alors, le Revenu Universel est-il enterré ?

C’est fort possible pour plusieurs raisons : tout d’abord, certains candidats y sont totalement opposés au motif que cette mesure renforce l’assistanat dont nous souffrons, mais aussi qu’elle est d’une certaine manière une forme de négation de l’intérêt du travail.

Par exemple, Fabien Roussel, le candidat déclaré du parti communiste l’a énoncé très clairement sur BFM TV le lundi 31 janvier. De même Nicolas Dupont-Aignan l’indique dans son analyse de l’économie et du travail.

Ensuite, ce projet porté par Gaspard Kœnig et défendu auprès des pouvoirs publics, du Sénat et de l’Assemblée Nationale depuis plusieurs années par l’Association AIRE, vise uniquement à simplifier notre système d’aides, ce qui, pour des politiques cherchant avant tout une réélection, ne porte aucunement une dynamique que les Français attendent, susceptible de leur faire gagner des voix.

Aussi, les Français sont aujourd’hui à la recherche d’un projet leur permettant d’améliorer leur pouvoir d’achat du fait de l’inflation et de la stagnation des salaires depuis tant d’années, leur garantissant une meilleure prise en compte des problèmes de santé, de désertification des campagnes, leur apportant une meilleure sécurité, engageant réellement la transition écologique.

Finalement, il faut considérer les finances publiques qui actuellement nous amènent à une dette record de plus de 2 800 milliards d’euros qu’il faudra rembourser et un budget qui reste malheureusement fortement déficitaire.

Dans ces conditions la mise en place d’un Revenu Universel ne pourrait que coûter encore plus alors que les moyens ne sont pas là et qu’il n’est pas question d’augmenter les charges des entreprises ou les impôts.

Tout ceci est fort dommage, car il est possible d’envisager autrement la notion de Revenu Universel.     

Dans le livre « Manuel Pratique du Revenu Universel – Vous avez tous à y gagner » (VA Editions) la démonstration est faite de l’intérêt d’un Revenu Universel ayant deux finalités :

 - La première serait d’offrir à tous les Français majeurs, sans aucune contrepartie, un matelas de 900 euros par mois totalement défiscalisé, en remplacement de la quasi-totalité des aides si complexes à obtenir.

Cette mesure est absolument réaliste, car il faut savoir que l’ensemble des aides et couvertures sociales représente avec plus de 700 milliards par an, le versement d’un quasi-SMIC à l’ensemble des Français majeurs.

 - La seconde considèrerait le Revenu Universel comme un vecteur financier permettant aux entreprises d’améliorer leurs marges et leur compétitivité, à l’État et ses institutions de retrouver de fortes marges de manœuvre pour se désendetter et améliorer la qualité du service public, aux citoyens d’obtenir un meilleur pouvoir d’achat, à la précarité et à la pauvreté de reculer alors qu’elle ne fait que progresser.

Bref de quoi alimenter un vrai projet pour la France, susceptible de fédérer les énergies de tous au profit d’un avenir meilleur pour nos enfants.

Avec la pandémie que nous allons maitriser, la France a besoin d’une refonte complète des pratiques sur lesquelles nous avons construit notre modèle socioéconomique depuis plus de 60 ans.

Alors, que les candidats prennent enfin la mesure des challenges que nous avons à affronter et ne manquent pas un vrai rendez-vous avec l’histoire !


Éric Wuithier

Spécialiste en rémunérations et couvertures sociales