Budget 2024 : Entre austérité déguisée et efforts nationaux

Alors que le budget 2024 se profile, Gabriel Attal, ministre délégué chargé des Comptes publics, prépare les Français à un effort global. Entre austérité masquée et désendettement, le gouvernement semble naviguer en eaux troubles. Décryptage.

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Par Paolo Garoscio Publié le 12 juillet 2023 à 11h00
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Le désendettement : une urgence nationale

Gabriel Attal a été clair, dans son entretien accordé au Figaro : le désendettement est « une urgence nationale ». Face à une dette publique qui a franchi le seuil symbolique des 3.000 milliards d'euros, le gouvernement se prépare à prendre des mesures drastiques. Mais qui va payer ? Selon Attal, cet effort ne concernera pas les plus riches, ni la classe moyenne, mais tous les Français. Une annonce qui suscite déjà de nombreuses interrogations.

Le ministre délégué chargé des Comptes publics a également souligné que « le désendettement du pays est avant tout un engagement à l’égard de la classe moyenne, de ceux qui travaillent, qui payent des impôts et qui seraient condamnés à payer dans quelques années l’addition de mauvais choix budgétaires ». Une déclaration qui laisse présager une répartition des efforts qui pourrait faire débat.

La richesse des plus grosses fortunes de France a en effet atteint un nouveau record, dépassant les 1.100 milliards d’euros. Mais il semblerait que le ministre ne compte pas plus faire participer les plus riches que les autres Français.

Le Budget 2024 : un budget d'austérité qui ne dit pas son nom ?

Si le mot « austérité » n'est pas prononcé pour qualifier le budget 2024, il plane néanmoins sur les déclarations de Gabriel Attal. Le ministre prévoit des économies dans certains secteurs, notamment en réduisant largement les contrats aidés. Il a également pointé du doigt un problème : les arrêts maladie. Selon lui, il est nécessaire de prendre des mesures pour stopper leur progression.

Malgré ces mesures d'économie, Gabriel Attal refuse de parler d'austérité. « On ne peut pas parler d’austérité dans un pays qui continue de dépenser plus que ce qu’il gagne, un pays qui continue d’investir massivement dans les services publics. On ne peut pas parler d’austérité dans un pays qui n’augmente pas les impôts mais qui les baisse », affirme-t-il dans les colonnes du Figaro. Une vision qui pourrait être contestée par certains.

Le budget 2024 : un défi politique majeur

Le budget 2024 s'annonce comme un défi politique majeur pour le gouvernement. Les discussions promettent d'être tendues avec l'opposition, notamment à l'Assemblée nationale. Face à un budget qui pourrait s'apparenter à un budget d'austérité, la gauche, qui réclame des salaires plus élevés et des investissements sociaux, risque de durcir le débat.

Dans ce contexte, le gouvernement pourrait être tenté d'utiliser son arme favorite : l'article 49.3 de la Constitution. Il permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote, sous réserve de ne pas être renversé par une motion de censure. Une option déjà utilisée en 2022 lors de l'adoption du budget 2023. Et, bien évidemment, à plusieurs reprises depuis, notamment lors de l’épisode de la réforme des retraites. Reste à voir si l'histoire se répétera en 2024.

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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