Carburant : les Français otages des pays de l’OPEP

Les pays de l’OPEP profitent du rebond du marché international pour augmenter le prix du carburant.  Plus de 10 millions de ménages sont concernés par cette nouvelle hausse du prix du carburant.

Axelle Ker
Par Axelle Ker Publié le 5 septembre 2023 à 16h23
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Augmentation volontaire du prix du baril par les pays de l'OPEP

Sur l'ensemble de l'année 2023, la note est salée : le SP-98 a augmenté de 6,2%, dépassant ainsi la barre symbolique des 2 € / L,  le SP-95 de 6,6% et l'E10 de 7,6%. Cela est essentiellement dû au bon vouloir des pays de l'OPEP. En effet, comme souligné par Jean-Louis Schilansky, ancien président de l'Union Française des Industries Pétroliers (UFIO), auprès de nos confrères de BFMTV, « Le prix du pétrole brut sur le marché international s'est envolé : entre la fin juin et le 9 août, le cours du baril de brent a augmenté de près de 21 % » faisant passer le prix du baril de 70 dollars début juillet à 90 dollars début septembre.

Les pays de l'OPEP (qui représente 50% de la production mondiale) ont profité du rebond du marché mondial pour augmenter leur prix. Loin de nous rassurer, cette nouvelle hausse des prix du carburant pourrait continuer selon Jean-Louis Schilansky : « Il est bien possible que ça continue à augmenter si la politique des producteurs de pétrole en particulier l'Arabie Saoudite, reste la même : c'est-à-dire fermer les robinets pour  augmenter les prix (...) on risque de voir les prix à la pompe continuer d'augmenter dans les semaines qui viennent ».

Plus de 10 millions de ménages concernés par la hausse du carburant

Pas moins de 10 millions de ménages sont concernés par cette nouvelle hausse du prix du carburant. Pour Francis Perrin, chercheur spécialiste en questions énergétique et directeur de recherche à l'Iris : tout dépendra de la durée de la baisse du cours du pétrole : « si elle ne dure que quelques jours, cela ne sera pas suffisant, il faudrait qu'elle perdure un certain temps », mais en réalité, cela a peu de chance d'arriver. Suivant les prévisions du Fonds monétaire international, la croissance mondiale devrait atteindre les 3%, et nous devrions « battre cette année des records de demande pétrolière mondiale  » prédit François Perrin.

Du côté du gouvernement, aucune autre mesure n'est prévue mise à part le maintient jusqu'à la fin de l'année du plafonnement du prix du diesel et du SP-95 dans les station TotalEnergie à 1,99 € / L comme peut en témoigner la déclaration de la Première ministre Elisabeth Borne : « sauf catastrophe géopolitique ou autre, je ne pense pas que la hausse que nous venons de connaître va se poursuivre dans les semaines à venir ». Rien de rassurant pour les automobilistes français ... La prédiction de Xavier Bertrand (LR),  président de la région Hauts-de-France, « de nous habituer à des prix autour de deux euros par litre » continuent d'inquiéter les automobilistes français. C'est le cas notamment de Fabrice Godefroy, expert mobilité et environnement à l’Association 40 millions d’automobilistes : « Il y a un moment où il faudra arrêter les rustines, d’autant plus que les automobilistes vont devoir faire face au malus sur le taux de CO2 en 2024, un malus sur le poids du véhicule qui va se renforcer, des taxes sur les carburants, le péage qui augmente…».

Au vue de la pression financière sur le portefeuille des Français (hausse de 10% de l'électricité), le contexte social pourrait rapidement devenir électrique ...

Axelle Ker

Diplômée en sciences politiques et relations internationales, journaliste chez Économie Matin & Politique Matin depuis septembre 2023.

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1 commentaire on «Carburant : les Français otages des pays de l’OPEP»

  • otage, plutôt du gouvernement avec c’est taxes,le baril à était plus haut est à la pompe le carburant était moins chère.

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