La transition écologique, ça peut rapporter gros

Extrait du livre : L’alternative aux fossoyeuses de l’écologie politique, de Jean-Marc Governatori, tête de liste de l’Écologie au centre pour les élections européennes de 2024, éditions La Politique sur le fil, mars 2024.

Cropped Favicon.png
Par Jean-Marc Governatori Publié le 10 avril 2024 à 18h30
transition écologique, gouvernement, avenir, programme, politique, monde, France, consommation, sobriété, environnement, alternative, fossoyeuse, écologi, Governatori

Notre pays a la culture de la dépense publique (60 % du 
PIB contre 50 % en moyenne pour les pays de l’Union européenne). D’où notre place sur le podium mondial pour les prélèvements obligatoires ! Le plan gouvernemental écologique implique que la dette publique va encore s’alourdir
 alors qu’elle représente déjà 110 % du PIB. Encore 173 milliards de déficit du budget de l’État pour l’année 2023. 
Et nous devons emprunter chaque jour plus de 700 millions 
d’euros pour assumer notre train de vie social. On s’est 
habitué à avoir un sauveur de dernier recours, la Banque centrale, c’est malsain : le dopage a ses limites. Je mets
 au crédit d’Emmanuel Macron d’avoir choisi la stabilité
au ministère des finances en maintenant Bruno Le Maire 
depuis le début, mais désormais l’indispensable transition écologique impose de changer de logiciel. 
Il faut la voir et la faire dans le cadre d’une action économe, globale et dans la durée.

Les faits

Nos gouvernants pratiquent une politique punitive :
 par exemple, une augmentation structurelle des prix
 à la consommation par la raréfaction des matières premières ou encore 50.000 morts par an en France à cause
 de la mauvaise qualité de l’air. 12 millions de personnes 
sont en précarité énergétique. Le gouvernement prévoit 
un record d’emprunt cette année : 285 milliards d’euros.
 Pas étonnant que la notation financière de notre pays se
 dégrade depuis 2012. Lionel Jospin n’avait pas profité de la croissance économique mondiale, Emmanuel Macron 
n’a pas profité des taux d’intérêt exceptionnellement bas 
pour transformer notre société. Notre déficit commercial dépasse les 100 milliards chaque année depuis 2 ans et
dans le même temps on veut ignorer que le premier coût financier de notre pays est la maladie, 300 milliards d’euros
en comptant les dépenses directes et indirectes.


Selon les calculs de l’Observatoire français des drogues 
et des tendances additives, le tabac coûte chaque année à
la France 150 milliards, l’alcool 100 milliards.
 Selon l’Institut national de l’environnement industriel et
 des risques, la surabondance d’ozone dans l’atmosphère 
impacte négativement les rendements agricoles et représente un coût incontestable.
 Les études sur le coût de l’inaction environnementale,
 comme celles du Sénat de 2015 et de deux organisations publiques, France stratégie et le Cerema, démontrent
 qu’agir pour limiter les pollutions crée des finances : le 
coût de l’inaction face au changement climatique et à la pollution de l’air représente 100 milliards d’euros par an.

élections Européennes Alternative Fossoyeuse Ecologie Politique Jean Marc Governatori

L’inaction punitive, c’est aussi des assureurs et des réassureurs qui n’en peuvent plus : il y aura de plus en
plus de difficultés à s’assurer, des franchises dissuasives outre des cotisations de plus en plus hautes.


Notre consommation finale d’énergie se répartit en 
44 % de produits pétroliers, 25 % d’électricité, 20 % de gaz
naturel, 10 % d’énergies renouvelables, et 1 % de charbon.

On prévoit de doubler la consommation électrique 
d’ici 2035 et la tripler d’ici 2050, ce qui est du grand n’importe quoi. Les agriculteurs ont raison, on marche donc
 sur la tête.

Notre pays manque beaucoup d’employés qualifiés 
pour la rénovation énergétique et la mise en place de
 pompes à chaleur, mais il y a 3 millions de chômeurs de catégorie A !

La Terre fait 12.800 kilomètres de diamètre et ne sera
 pas réapprovisionnée des matières premières qui font aujourd’hui l’activité économique et l’emploi : le charbon, le cuivre, le gaz, le pétrole, le sable, l’uranium, les métaux
rares... Pourtant nous pillons tout comme si on méprisait
nos descendants. D’ailleurs, selon l’ONG Foodwatch,
9 produits sur 10 font la promo de la malbouffe chez les enfants...

Le pic pétrolier affirme le lien jamais démenti entre 
la croissance économique et celle de la consommation d’énergies. Il n’y a pas d’alternative aux énergies fossiles
 si on veut le même niveau de consommation. La fin du
pétrole entraînera donc la fin de la croissance économique.
 Il faut se préparer à un monde où l’énergie sera plus dure
 à se procurer avec par conséquent une croissance économique très compliquée à obtenir.

La bonne voie est donc la sobriété choisie et par conséquent heureuse, car l’innovation ne suffira pas.


Mener de front la mise en place massive des éoliennes,
des EPR, des panneaux solaires et des voitures électriques,
est incompatible avec les ressources disponibles en cuivre
 et en métaux rares. Et 100 % de ce que nous consommons
 requiert de l’eau. Notre gouvernement a prévu de remplacer nos 40 millions de véhicules automobiles pour faire de l’électrique mais chaque véhicule requiert au moins
 35.000 litres d’eau douce pour le produire ! Et il faudra 
bien remplacer les taxes issues des carburants actuels 
de l’ordre de 40 milliards...

Agir pour réduire l’émission de gaz à effet de serre c’est 
bien, mais ignorer la problématique d’émission de particules nocives pour la santé est criminel : la France vient
 d’agir au sein de l’Union européenne pour limiter la norme 
Euro7 qui avait cette ambition ! Les polluants émis par
les freins et les pneumatiques sont un problème sanitaire
 grave.

Nous importons la moitié des biens que nous consommons alors que le transport mondial de produits pollue énormément. Ras-le-bol de la tomate espagnole qui croise
 sur les routes de France la tomate belge pour au final finir
dans notre assiette. Ou bien le cornichon d’Inde. Ou la
cerise d’Italie. Coluche n’y avait pas pensé.

Nous ne recyclons que la moitié de nos déchets.

Enfin, compte tenu de l’inévitable raréfaction des matières premières, la France devra faire avec moins,
 quoi que fassent les autres. Par conséquent, celui qui
dit qu’il ne faut rien faire puisque nous ne représentons
 que 1 % du problème environnemental du monde,
 se trompe.


Les sujets ne sont donc pas « on impacte peu la 
planète donc ne faisons rien » car ce que nous faisons impacte la santé de nos 68 millions d’habitants et
 dans cette ligne, cette théorie de l’ignorant sur notre 
faible impact planétaire, il faut répéter avec force que
 cette inévitable rupture de stocks de matières premières nous enjoint de faire évoluer notre économie
 et notre mode de vie afin de conserver un confort de 
vie acceptable. Une politique écologiste est l’amie du pouvoir d’achat, la politique conventionnelle est son ennemie.


Il est urgent de s’adapter à la réalité et de sortir du
monde parallèle.

Des signaux d’alertes


- Malades : les forêts et le phytoplancton assument
 de plus en plus mal leurs missions de capter du Co2 et d’émettre de l’oxygène selon l’ONU.

- 200 fermes disparaissent chaque semaine en France.


- Des territoires français sont déjà en défaut d’eau !

- Les glaciers fondent : plus de la moitié d’entre eux disparaîtra d’ici 2100 selon la revue Science.

- Les manteaux neigeux voient leur volume baisser de 10
 à 20 % dans les régions les plus peuplées, où ils sont aussi 
les plus vitaux pour l’approvisionnement en eau selon les chercheurs de l’université de Darmonth College, Alexander 
Gottlieb et Justin Mankin.

- Selon l’Agence Européenne de l’Environnement, seuls 
10 % de nos cours d’eau sont en très bon état écologique.

- L’année 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée.

- En près de cinquante ans, les deux-tiers des animaux vertébrés ont disparu.

- Les terres fertiles s’affaiblissent : au cours des cent dernières années, un milliard d’hectares de terres fertiles, l’équivalent de la surface des États-Unis, s’est littéralement volatilisé.


- Nous sommes parvenus à bâtir un continent de plastique dans les eaux mondiales : 1,6 million de Km2, l’équivalent de l’Allemagne, l’Espagne et la France.

- La dette financière mondiale est de 300.000 milliards 
de dollars. 3.000 milliards d’euros pour la France.

Notre
mode de fonctionnement est bien intenable.


- Les taux d’intérêts ont une tendance haussière et impliquent que le coût de la dette devient le premier poste
 de dépenses de l’État français.

- EDF a 65 milliards d’euros de dettes.

- Le Réseau Action Climat déplore, dans un rapport, la non-réduction d’émissions des gaz à effet de serre des industriels français, malgré les milliards d’euros d’aides publiques accordées.

- Une éducation nationaliste est donnée aux enfants
chinois, ce qui présage des lendemains dangereux pour
les non-Chinois.

- La santé mentale des Français se dégrade, elle concerne 20 % de nos compatriotes avec une consommation record d’alcool, de drogues et d’antidépresseurs.

Des solutions...

Cropped Favicon.png

Jean-Marc Governatori est tête de liste de l'Écologie au centre pour les élections européennes de 2024. Conseiller métropolitain, président du groupe des élus écologistes de Nice, délégué végé de la liste Jadot aux Européennes 2019, il est aussi auteur de 14 livres dont 3 préfacés par Albert Jacquard, nommé deux fois meilleur gestionnaire de France et détenteur du Trophée de l'Emploi remis par le Ministre des PME.

Suivez-nous sur Google News PolitiqueMatin - Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Aucun commentaire à «La transition écologique, ça peut rapporter gros»

Laisser un commentaire

Les Commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés. - * Champs requis