Le massacre de Crépol, fruit de la bêtise selon Sabrina Agresti-Roubache

Lors de son passage sur Sud Radio le 27 novembre, dans “l’invité politique”, émission animée par Jean-Jacques Bourdin, Sabrina Agresti-Roubache, Secrétaire d’État, a abordé le massacre de Crépol, la lutte contre la drogue et la loi immigration.

Adelaide Motte
Par Adélaïde Motte Modifié le 27 novembre 2023 à 15h08
Crépol

Le massacre de Crépol s'explique-t-il seulement par la bêtise humaine ?

Dans son intervention sur Sud Radio, Sabrina Agresti-Roubache a fermement nié tout lien entre l'immigration et le massacre de Crépol, qualifiant les auteurs de « décérébrés, complètement débiles, crétins ». Elle insiste sur le fait que « Ce n'est pas leur origine ethnique, c'est leur bêtise ». C'est un peu court. La bêtise est toujours la tarte à la crème quand il s'agit d'expliquer les causes d'un acte aussi terrible que le massacre de Crépol. Il est pourtant bien difficile d'occulter le problème de l'immigration quand tous les présumés coupables de l'attaque ont des prénoms qui n'ont rien de français, ce qui marque non seulement leur origine, mais encore les attaches qu'y ont leurs parents, et surtout quand plusieurs témoins affirment avoir entendu les assaillants dire qu'ils étaient venus « tuer des Français ».

Quant à l'extrême-droite, elle est souvent critiquée pour sa récupération politique. Ici, que peut-on lui reprocher, à part d'avoir parlé d'un fait que le gouvernement aurait voulu occulter ? La manifestation d'une petite centaine de personnes dans la cité de Romans-sur-Isère a été menée par des jeunes désarmés. Il ne s'agissait donc nullement d'une ratonnade, drapeau rouge que Sandrine Rousseau agite sans paraître se soucier des centaines de Français déjà morts sous les coups de personnes issues de l'immigration. Il s'agissait plutôt d'un rassemblement de plusieurs jeunes ulcérés par la mort de leur ami, dont certains venaient peut-être de porter le cercueil. Qui sait ce qu'ils auraient fait si aucun politique ne leur avait confirmé la réalité de leur cauchemar ?

Sabrina Agresti-Roubache nie l'existence de zones de non-droit

Concernant le trafic de drogue, Sabrina Agresti-Roubache affirme que certains quartiers sont « investis par les trafiquants », tout en niant leur possession. Cette distinction paraît pourtant fragile face à la réalité des quartiers où la police, les pompiers, et les médecins sont régulièrement attaqués. L'existence de zones de non-droit, contrôlées de facto par des trafiquants, est une réalité incontestable. L'approche de Sabrina Agresti-Roubache, consistant à inscrire les amendes pour consommation de drogue au casier judiciaire, est-elle suffisante pour répondre à cette crise ?

Enfin, concernant la loi sur l'immigration, la secrétaire d'État appelle à « réécrire l'article 3, revenir à la version initiale ». Cette proposition soulève des inquiétudes quant à l'effet d'appel potentiel d'une telle mesure. La régularisation automatique de travailleurs sans-papiers dans des secteurs en tension risque selon certains d'accroître l'immigration illégale. Sans compter que la notion de "secteurs en tension" est bien vague. Il suffirait à un gouvernement souhaitant régulariser tous les sans-papiers de nommer métiers en tension tous ceux qui emploient des immigrés sans papiers. La manoeuvre ne serait pas bien difficile à justifier, car tous les secteurs peinent à recruter, et tous les métiers sont utiles.

Adelaide Motte

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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