Emeutes en France : la suppression des allocations familiales refait surface

Adelaide Motte
Par Adélaïde Motte Modifié le 4 juillet 2023 à 15h20
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Face à l'escalade des émeutes en France, des élus proposent une mesure très controversée et sans cesse rappelée : la suppression des allocations familiales pour les parents de délinquants. Cette proposition, qui suscite de vifs débats, est soutenue par des personnalités politiques de droite et également critiquée par la gauche et le gouvernement.

La suppression des allocations familiales divise le spectre politique

Plusieurs personnalités politiques de droite ont publiquement soutenu la proposition de suppression des allocations familiales pour les parents de délinquants. Parmi eux, Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, qui a déclaré sur Twitter : "Il est temps de responsabiliser les parents défaillants. La suspension des allocations familiales doit être une sanction possible." Une mesure également réclamée par Eric Zemmour sur Europe 1. De son côté, le député LR Éric Ciotti a exprimé une position similaire lors d'une interview sur France Inter, affirmant que "la responsabilité parentale doit être engagée" face à la délinquance des mineurs. Il a rappelé qu'il avait porté une loi de ce type en 2010 et qu'elle avait été supprimée par François Hollande.

Emmanuel Macron s'est dit face à la BAC favorable à un "tarif minimum" que les familles devraient payer dès le premier délit de leurs enfants. La gauche, elle, souhaite que l'Etat prenne ses responsabilités et cesse de "rejeter la faute sur les parents". Pour eux, la suppression des allocations familiales ne prend pas en compte la précarité de certaines familles, notamment monoparentales, les horaires de travail décalés ou les difficultés de vie dans certains quartiers.

Le coût des allocations et le taux de délinquance des jeunes

En France, les allocations familiales représentent une part importante du budget de l'État. Selon la Drees, les allocations familiales ont coûté entre 60 et 100 milliards d'euros en 2017, pour un coût de 3 500 à 5 000 euros par enfant et par an. Il faut y ajouter l'argent dispensé aux quartiers difficiles via des plans banlieue. Ainsi, selon la Cour des comptes, les communes concernées sont très dépendantes des ressources de l'Etat à cause du peu de foyers imposables, sans compter que les infrastructures sont régulièrement détruites.

Parallèlement, le taux de délinquance des jeunes est une préoccupation majeure, puisque d'après le ministère de l'Intérieur, près de 20% des infractions sont commises par des mineurs. Si aucun lien direct n'a été établi entre le versement des allocations familiales et ces problématiques, certaines personnalités estiment que l'Etat n'a pas à aider financièrement des familles qui ne parviennent pas à enseigner à leurs enfants le respect des lois et que leurs impôts ne doivent pas servir à reconstruire ce que ces jeunes gens détruisent trop souvent. Selon eux, la suppression des allocations familiales permettrait de récupérer de l'argent et de responsabiliser les familles, qui veilleraient à ce que leurs enfants se conduisent bien.

La proposition de suppression des allocations familiales pour les parents de délinquants soulève de nombreuses questions. Si certains élus y voient un moyen de responsabiliser les parents, d'autres craignent les conséquences sociales d'une telle mesure.

Adelaide Motte

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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