Émeutes : le préfet de l’Hérault conseille une éducation violente

Les émeutes qui frappent la France depuis la mort du jeune Nahel ont entraîné des réactions diverses et vives de la part de la classe politique. Mais le mot d’ordre du gouvernement est clair : l’État n’a pas à se substituer à l’autorité parentale. Et n’a donc pas à éduquer les enfants. Aux parents des émeutiers, le préfet de l’Hérault a donné sa vision des choses. Une vision… violente et illégale.

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Par Paolo Garoscio Publié le 3 juillet 2023 à 13h17
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Emmanuel Macron et les émeutes à cause des jeux-vidéo

La première réaction vivement critiquée sur les réseaux sociaux à propos des émeutes a sans aucun doute été celle d’Emmanuel Macron. Le président de la République, vendredi 30 juin 2023, a déclaré que les violences sont la faute des réseaux sociaux et des jeux vidéo.

« Les plateformes et les réseaux sociaux jouent un rôle considérable dans les mouvements des derniers jours. Nous avons vu sur plusieurs d’entre elles - Snapchat, TikTok et plusieurs autres - à la fois l’organisation de rassemblements violents se faire, mais une forme de mimétisme de la violence ce qui, chez les plus jeunes, conduit à une forme de sortie du réel, et on a le sentiment parfois que certains d’entre eux vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion de crise après trois nuits de violences.

Une analyse sur l'éducation qui ne tient pas la route, mais qui n’est pas une première. Donald Trump, en 2019, avait déjà accusé les jeux-vidéo d’être une des raisons de la multiplication des tueries aux États-Unis. Sans, évidemment, jamais accuser les armes. Pourtant, ce n’est pas l’avis des spécialistes. Vanessa Lalo, psychologue clinicienne et spécialiste des comportements numériques, rappelait sur Radio France que « les études ne montrent pas de lien de causalité entre un jeu violent et un comportement violent ». « Le jeu vidéo ne va pas rendre violent à proprement parler. Au contraire on a pu prouver depuis les années 1990, qu’à chaque sortie de jeu vidéo violent on observe une baisse de la criminalité, en tout cas aux États-Unis. »

L'éducation pour le préfet de l’Hérault : il faut des claques

Nouvelle polémique le lundi 3 juillet 2023. Interrogé sur France Bleu, le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh, a donné sa vision de l’éducation. Pour les parents dont les enfants participeraient aux émeutes, il conseille cette méthode : « c’est deux claques, et au lit. C’est ce que faisaient nos grands-parents ». Une méthode d’éducation violente, donc, et d’un autre temps.

Un conseil d’autant plus étonnant que le préfet lui-même souligne que c’est interdit. « Je sais qu’en 2019, le Parlement a interdit la fessée ». Et, de fait, la loi est claire. L’article 1er de la loi du 10 juillet 2019 sur l’interdiction des violences éducatives souligne que « l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques ».

Les parents sont par ailleurs près d’un tiers, selon un sondage de fin 2022, à ne pas connaître cette loi. Mais, heureusement pour eux, ils ne risquent rien : bien qu’interdites, les gifles ou les fessées ne font pas encourir de peine ou de sanction aux parents.

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Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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