Présidentielle : une campagne hystérique

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Par Patrick Crasnier Publié le 3 mai 2017 à 5h00
Marine

Depuis une semaine la campagne des présidentielles prend un tournant dangereux pour notre pays, la fracture du pays engendrée par les apprentis sorciers qui ont joué avec la politique depuis plus de 30 ans est arrivée à un point de non retour.

Avoir Marine le Pen au second tour sans la droite dite « classique » ou encore « républicaine » face à un faux socialiste ou un vrai selon le côté vers lequel on se tourne est déjà un évènement en soi. Exit le PS exit LR quoi que l’on dise c’est un véritable raz de marée. En 2002 tout le monde était sous le choc, Jean Marie Le Pen au second tour « c’était une erreur de casting » Résultat Jacques Chirac a été élu avec environ 80% de voix, une élection à la mode soviétique. Aujourd’hui les seuls étonnements sont que Marine Le Pen n’arrive pas en tête du premier tour, quelle évolution !

A part quelques commentateurs qui avaient déjà prévenu qu’à force de jouer avec le feu cela devait arriver, nous n’avons pas entendu de véritables analyses décrivant cette montée et ce qui pourrait bien arriver dans l’avenir. Aucun politique n’en a tenu compte à commencer par Jacques Chirac qui, au lieu de faire un gouvernement d’ouverture et d’union, a refermé le chapitre comme si de rien était, comme si le RPR était vainqueur mais le vers était dans la pomme.

Le quinquennat de François Hollande se termine en catastrophe et cela beaucoup l’avaient prévu mais cette pensée n’avait pas droit de cité, aucun média digne de ce nom n’a vraiment dénoncé ce qui se passait depuis 2012. Pire même les médias ont aidé à cette captation de la démocratie par un seul homme et à son profit, je veux parler des « soi disant affaire de Fillon »

Aujourd’hui nous sommes bien obligés de constater le résultat, les Français ne sont plus dupes, la catastrophe annoncée nous est rappelée à longueur de journée dans les médias et la belle intelligentsia socialo-bobo déverse ses torrents d’insanités sur celle qui sera peut-être demain notre président. La France est donc coupé en deux du fait des politiques dont seul le sauvetage personnel importe, la France on peut dire qu’ils s’en fichent. Cette rupture dans toutes les couches de la population amène a un hystérisation dangereuse, des gens qui ne se connaissent pas s’insultent sur les réseaux sociaux, des amis se regardent en « chien de faïence » dès qu’il est question de la France et bien d’autres choses bizarres. On peut dire que le vivre ensemble cher aux socialistes est pour le moins mis en sommeil cette semaine.

Plus personne n’est serein et tout le monde donne son avis sans en avoir vraiment

Du côté des deux candidats les choses sont bien différentes, côté Marine Le Pen ce serait plutôt le calme optimiste, le ralliement de Nicolas Dupont Aignan est à coup sur un chose très forte et très positive (une bonne prise disent les médias). Du côté de Macron aucun calme, mais l’a-t-il été un jour ? Ce serait plutôt enchainement de coups de gueule et de coups médiatiques « pour ne pas perdre » rien de positif là dedans. Vous l’avez remarqué il ne parle jamais ou presque de lui et de son éventuel programme mais seulement de marine Le Pen et de sa grande peur de la voir gagner. Quand on en arrive là c’est que rien ne va plus et que la peur a remplacé l’objectivité. Résultat de cette grande peur, il fait parler les martyr d’Oradour ou de la Shoa, faisant feu de tout bois pour manipuler les électeurs.

Pourtant Emmanuel Macron a tout pour lui, un mouvement (pas un parti) qui porte ses initiales, rappelant le culte de la personnalité de certains pays, les médias tous à sa disposition même s’ils sont freinés par le CSA. Il y a plusieurs façons de donner la parole par exemple on passe quelques minutes très positives sur un candidat puis exactement le même temps a démolir l’autre, le temps de parole est respecté.

Du coté de ceux qui ont tout perdu et à perdre encore, je veux parler du PS et de LR, on s’active en faisant de l’immobilisme. Pour LR par exemple, tout le monde aurait compris que les « ténors » rencontrent Macron le lendemain du premier tour pour tenter de trouver un consensus de programme. Tout le monde aurait adhéré à un vote positif pour une union de la droite et des centres dans une sorte d’union nationale et bien sur beaucoup des électeurs auraient suivi. Mais non quelques minutes après les estimations, sans attendre les résultats officiels, ils sont venu dire à leurs électeurs "nous ne voulons pas de Macron ni de son programme mais votez pour lui" dans une sorte de grand vote négatif. On peut dire aujourd’hui que dans ce parti « de la droite et du centre » il ne reste plus que le centre, la droite elle navigue a vue sans parti et sans chef.

La seule chose certaine dans cette situation c’est que les deux grands partis dits « de gouvernement » ne sont plus et que leurs cadres n’ont toujours rien compris ils s’accrochent aux branches à la façon des années 1980. Alors qu’en face pas de ralliement aveugle, Nicolas Dupont Aignan comme il a toujours été fonctionne avec pragmatisme, il a négocié ses convictions pour la France, Marine Le Pen avec intelligence (ou malignité) a modifié certains points de son programme (petit rappel c’est ce qu’avait fait le PC et Mitterrand lors de l’union de la gauche et cela avait marché)

Il reste une semaine, une grande partie des électeurs de droite LR ne voteront pas Macron, certains s’abstiendront, d’autres voteront blanc, enfin une partie soutiendra l’alliance de Le Pen et debout la France pour un gouvernement d’union. A gauche le combat se fera dans le négatif, voter contre "une ineptie démocratique" aucune reflexion autre qu’ éliminer, puis à l’arrivée un Macron tout puissant sans avoir eu aucune opposition sérieuse.

Dans le même temps c’est aussi la guerre et l’hystérisation dans les syndicats, la CFDT appelle a voter Macron mais veut le combattre sur le terrain social, la CGT le PC et Mélenchon appellent a combattre le FN mais sans voter Macron (la quadrature du cercle) Seul le syndicat FO est cohérent il réaffirme que la vocation d’un syndicat n’est pas de faire de la politique et qu’il n’a pas à s’immiscer dans des consignes de vote, bravo !

Je ne suis pas devin, je ne souhaite pas me lancer dans un pronostic, mais la seule chose qui m’interpelle vraiment est : Que va devenir la France après ?
La campagne des législatives va encore attiser les conflits de petits barons entre eux, certains violents, en viendront aux mains surtout si Marine Le Pen l’emporte. Une seule chose paraît certaine rien ne pourra plus être comme avant le 7 mai 2017.

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Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic et rédacteur dans plusieurs revues.

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