Le New York Times s'excuse pour sa couverture de la campagne de Donald Trump

Donald Trump avait accusé le « New York Times » d'être « malhonnête ».

C’est suffisant rare pour être souligné : l’éditeur du New York Times Arthur Sulzberger Jr. s’est excusé pour la « malhonnêteté » de son journal dans la couverture de la campagne de Donald Trump.

La quasi totalité des médias américains souhaitaient la victoire d’Hillary Clinton. Pendant la campagne Donald Trump n’avait d'ailleurs pas hésité à qualifier les médias de « corrompus » ou de « malhonnêtes ». Quant au New York Times, il lui avait reproché d’être « vraiment dégoûtant », « injuste et impartial », et de n’être « plus une source crédible ».

Des critiques qui ont pris une autre tournure au lendemain de sa victoire tant et si bien le directeur du New York Times, Arthur Sulzberger, a souhaité s’excuser pour son manque d’impartialité. « Nous entendons nous recentrer sur la mission fondamentale du journalisme qui consiste à rapporter honnêtement ce qui se passe en Amérique et dans le monde, sans crainte ni faveur », a-t-il fait savoir dans un message relayé sur Twitter. C’est pourquoi il promet de « couvrir avec honnêteté et indépendance le nouveau président et son équipe ».

Le New York Times aurait perdu de nombreux abonnés

Un avis partagé par Michael Goodwin, journaliste au New York Post : « Parce que le New York Times a diabolisé Trump du début jusqu’à la fin, il n’a pas été capable de se rendre compte que Trump avait mis la main sur quelque chose de réel. Et parce que le quotidien avait décidé que ceux qui soutiennent Trump étaient des tas de beaufs racistes et homophobes, il n’avait pas la moindre idée de ce qui se passait dans la vie des Américains qui l’ont élu. »

Selon lui les patrons de presse ont longtemps cru qu’ils « pouvaient décider de renoncer aux standards d’honnêteté et de neutralité sans en subir la moindre conséquence ». Désormais ce n’est plus possible. Mais comment expliquer ce revirement ? Le New York Times aurait perdu de nombreux abonnés à cause de ces positions hostiles à Trump. Il est donc apparu nécessaire à la direction de battre sa coulpe pour retrouver la confiance des lecteurs.

Un revirement qui a amusé Donald Trump. « Le New York Times envoie une lettre à ses abonnés pour s’excuser pour sa mauvaise couverture de ma campagne. Je me demande s’il va changer – Vous en doutez ? » a-t-il posté sur Twitter. Une nouvelle victoire pour le futur président des Etats-Unis.


Marine Tertrais

Marine Tertrais est journaliste à Economie Matin depuis 2015, après être passée successivement par Jol Press, et Atlantico.